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BHL EN VA T-EN GUERRE INSULTE LES SERBES ET LES RUSSES

vendredi 4 mai 2018, par Michel Dantan

Entre insultes et fake news tenant lieu de preuves pour étayer ses allégations, BHL en digne VRP de la super classe mondialisé n’a pas raté l’occasion qui lui était offerte par les médias de faire la promotion des frappes contre la Syrie. Ses prestations successives sur les plateaux de CNEWS, BFMTV, et France 5, qui lui ont servi en l’occurrence de crachoir ont été des moments exemplaires illustrant ce dont sont capables les médias mainstream en matière de propagande. BHL a pu déverser sa bile contre les Présidents Vladimir Poutine, un mélange selon lui de Staline et de Tzar, et Bachar El-Assad, traité de sérial Kealer, insulter serbes et russes, enchainer contre vérités et mensonges.

Première salve d’intoxication.

Le 5 avril, répondant à Patrick Cohen qui dans l’émission C à Vous lui demande «  Que répondre à ces révisionnistes en temps réel qui disent qu’il n’y a pas de preuve d’attaque chimique à Douma et que Bachar El-Assad n’a pas intérêt à gazer les civiles puisqu’il gagne la partie militaire autour de Damas et dans la Goutha » BHL, l’ami de l’islamiste Alija Izbegovic, lui répond en établissant un parallèle avec la guerre civile en Bosnie Herzégovine entre 1992 et 1995 que « les révisionnistes disent toujours ça. Je me rappelle en Bosnie à Sarajevo, quand les serbes envoyaient des armes chimiques sur le marché de Markalé ou quand ils envoyaient simplement des obus, on disait que ce sont les bosniaques qui se sont tués eux-mêmes » . Faux !. Jamais nulle part dans aucun des rapports d’expertise réalisés pour établir l’origine des tirs, ni pendant le procès de Ratko Mladic devant le TPIY, il n’est question de recours aux armes chimiques par les serbes. Un énorme mensonge donc qui n’a de consistance que la haine que son auteur nourrit à l’égard des serbes. S’agissant des bombardements au mortier visant à deux reprises le marché de Markale, le 5 février 1994 et le 28 Août 1995 qui firent de nombreuses victimes parmi les civiles, soit dit en passant autant serbes que musulmanes, les versions sur l’origine des tirs divergent. De nombreux militaires de haut rang les attribuant directement à des provocations musulmanes. Jean Daniel, peu suspect de révisionnisme écrira dans le Nouvel Observateur dans l’édition de fin Août 1995 : « Je me souviens du premier attentat sur le marché central, celui qui a provoqué les premiers bombardements de l’OTAN . Il me faut le dire aujourd’hui. J’ai entendu successivement Edouard Balladur, François Léotard, Alain Juppé et deux généraux très hauts responsables dont je ne trahirais pas la confiance me dire qu’ils étaient convaincus que de nombreux français, soldats de l’ONU, abattus ou blessés en Bosnie, l’avaient été par les snippers musulmans. Et même que l’obus tiré sur le marché central était lui aussi musulman. Ils auraient provoqué un carnage sur les leurs ais-je observé avec effroi ! Oui m’a répondu le Premier Ministre sans hésiter, mais ils ont fait sortir l’OTAN de ses atermoiements ». Par la suite et comme par un fait exprès, les serbes menacés de bombardements par l’OTAN desserreront leur étau autour de Sarajevo en éloignant les batteries qui faut-il préciser servaient aussi à protéger les quartiers serbes de la ville.

Les serbes traités de « salopards ».

Le 11 avril 2018, soit quelque jours avant l’intervention de l’alliance contre la Syrie, Interrogé par la journaliste Ruth Elkrief sur BFMTV à propos des risques d’un conflit avec la Russie que pourrait entraîner le bombardement de la Syrie en réponse aux accusation d’usage présumé d’armes chimiques contre la Goutha orientale par le régime syrien, BHL écarte cette hypothèse en citant l’exemple de l’absence de réaction déjà observée par la Russie lorsqu’en Bosnie une intervention militaire musclée de soldats français avait permis la libération de leurs camarades pris en otage par les serbes. Le philosophe mondain traite alors au passage ces derniers de « salopards ». A croire que le droit de diffamer le peuple serbe sur BFM relèverait de l’information. N’étant pas à un mensonge près, les contre vérités étant nécessaires à sa rhétorique guerrière comme l’oxygène l’est à la vie, BHL au cours de l’interview imputera également à Bachar El-Assad, qualifié pour la circonstance de serial kealer, le meurtre de 500000 syriens, faisant bien sûr fi des chiffres fourni par l’OSDH à l’occasion du 7e anniversaire du conflit en Syrie qui évalue à 353935 celui des morts provoqués par la guerre civile parmi la population et les combattants de chaque camp sans inclure le nombre de disparus(1). Des chiffres émanant par conséquent d’un organisme qui a son siège à Londres et que l’on ne peut suspecter de sympathie pour le régime syrien comme depuis 7 ans en témoignent ses prises de positions favorables à l’opposition syrienne, mais qui ne troubleront pas BHL, arc bouté sur ses certitudes.

Récidive avec les russes insultés de la même manière.

Quant aux russes et leur Président Poutine, ceux-ci se retrouvent cloués au pilori au cours d’une interview réalisé par Elkabbach le 11 avril sur CNEWS. Le journaliste lui demandant ce qu’il pensait du veto russe à l’ONU s’opposant à une intervention en Syrie, BHL répond : « … ce qui m’intéresse c’est le véto qui a empêché d’aller sauver les enfants de la Goutha. Et ce veto là, les salopards qui ont mis le veto ce sont les russes ». Une nouvelle fois, l’insulte ne lui écorche pas les lèvres et à la question que le journaliste lui pose de savoir si les russes resteront les bras croisés en cas d’intervention, BHL de rétorquer sur le ton du mépris que « ces gens là, les Ayatollahs, Poutine et quelques autres sont des faux durs, des impuissants » , à ranger eu égard aux valeurs qu’ils incarnent dans le camp du mal avec les chinois, les turcs et les islamistes, les amalgames ne l’effrayant pas non plus. Suit ensuite une longue tirade sur les valeurs défendues par les USA dont le modèle de démocratie devrait inspirer l’Europe sauvée du naufrage à deux reprises au cours de son histoire grâce à l’intervention de l’Amérique en 1914 et en 1944 ce qui suffirait à lui faire pardonner tous les massacres qui ont jalonner son histoire, à commencer par le génocide des indiens qu’Elkabbach cite avant d’évoquer Hiroshima. Comme quoi pour l’humaniste que prétend être BHL la fin justifie les moyens, surtout lorsqu’il s’agit pour l’Amérique d’assumer sa vocation de Nation dite indispensable. En faisant la guerre à ceux qui comme la Syrie lui dispute ses intérêts. En plongeant le pays dans la ruine constate BHL qui s’en réjouit presque en pensant qu’elle aboutira à la déstabilisation du régime avec les conséquences que l’on devine.

(1) L’OSDH établit comme suit la répartition des victimes de la guerre civiles en Syrie depuis le 15 mars 2011.
CIVILES : 106390, dont 19811 enfants et 12513 femmes.
SOLDATS DE L’ARMEE SYRIENNE : 63820
FORCES PRO REGIME : 58130 (dont 1630 chez le Hezbollah libanais et 7686 d’autres groupes)
JIHADISTES ET EXTREMISTES ISLAMISTES : 63360
COMBATTANTS D’AUTRES FORCES (REBELLES MOUJIHADITES DES FORCES KURDES ETC...) :
62039.