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CATALOGNE : RETOUR A LA CASE DEPART

mercredi 27 décembre 2017, par Michel Dantan

Les résultats des élections qui se sont déroulés en Catalogne jeudi dernier et qui après le putsch avorté des séparatistes avaient valeur de test pour évaluer le niveau d’attachement des catalans à l’Espagne ont démontré qu’une courte majorité d’entre eux était favorable au maintien de leur région dans le giron de la mère patrie, les indépendantiste n’atteignant à peine que 48% des suffrages exprimés. Ces résultats obtenus dans le cadre d’une loi électorale favorisant le vote des campagnes, les indépendantistes conservent la majorité des sièges au parlement, améliorant même leur score de 2015 avec 70 élus, soit deux de plus que la majorité absolue requise pour diriger l’assemblée. Un paradoxe que les indépendantistes devront gérer non sans difficulté puisqu’il leur appartiendra de gouverner une région dont la majorité des habitants leur est hostile. Les 37 députés de Ciudadanos devenu la principale formation de l’opposition à la chambre ont bien l’intention de se faire leur interprète ce que n’a d’ailleurs pas manquer de rappeler leur nouvelle hégérie, Ines Arrimadas. Autre casse tête dés à présent inscrit sur l’agenda politique des indépendantistes, désigner le nouveau Président du parlement dans un contexte de division entre les deux principaux partis qui constituent la majorité parlementaire, l’ERC (Gauche Républicaine Catalane) et la CUP (candidatures d’unité populaire) leurs présidents se trouvant chacun mis hors jeux, victimes des conséquences de leur coup d’état manqué du 1er octobre 2017, le premier, Puidgement, toujours réfugié à Bruxelles, le second, Oriol Junqueras, incarcéré dans les environs de Madrid, tous les deux accusés par la justice espagnole de sédition, rébellion et détournement de fonds. A noter tout de même que l’ex-Président Puidgemont en dépit du spectacle pas très héroïque de son escapade rocambolesque à Bruxelles n’en a pas moins réussis à convaincre les électeurs d’élire 34 députés qui iront siéger au parlement catalan, permettant ainsi au bloc indépendantiste de conserver la majorité. Le prochain levé de rideau sur ce théâtre de marionnettes où indépendantistes et unionistes sous des costumes différents ont en commun d’avoir biberonné à la même source de l’anti franquisme depuis 1975, devrait être l’occasion de savoir si pour désigner le futur Président du parlement les deux formations de la majorité parviendront à mettre leurs rancœur en veilleuse, Orio Junqueras accusant Puidgement de lâcheté pour avoir choisi la désertion plutôt que d’assumer ses responsabilités en demeurant à Barcelone. Quoiqu’il en soit des prochaines péripéties dans laquelle la vie politique en Catalogne risque de s’embourber, le bloc séparatiste sorti malgré tout renforcé de ce scrutin ne manquera pas de pousser les feux de son projet indépendantiste qui reste l’alpha et l’oméga de l’ engagement politique de ses partisans. Un engagement toujours profondément enraciné dans une bonne moitié de la société catalane et qui continuera à marquer des points tant que les unionistes malgré leur sursaut patriotique provoqué par le referendum illégal du 1er octobre continueront de jouer la carte du politiquement correct plutôt que de combattre les effets délétères de l’idéologie mondialiste qui en Catalogne plus que partout ailleurs en Espagne a permis à l’Islam de faire de considérables progrès, à tel point que de nombreux analystes font désormais observer que le poids du vote musulman risque à l’avenir de faire pencher la balance en faveur des indépendantistes. L’ex-Président Puidgement ne s’y est pas trompé, cette dernière élection lui ayant fourni l’occasion de se livrer à un énième numéro de séduction adressé aux électeurs catalans de confession musulmane en leur promettant depuis Bruxelles de déclarer jours fériés les principales fêtes de leur religion. Autant dire que l’attachement de la Catalogne à l’Espagne est en sursis, d’autant plus que les forces qui soutiennent les indépendantistes et qui se recrutent aussi bien chez les curés, les enseignants les plus nostalgiques des années 30, les journalistes de TV3, les fonctionnaires toutes catégories confondues, les bourgeois aisés libéraux libertaires et les agriculteurs, tous favorables à l’ouverture sans restriction des frontières aux immigrés, ne sont pas prêtes de disparaitre.