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DU COTE DU KOSOVO

vendredi 2 septembre 2016, par Michel Dantan

Au Kosovo, l’heure est toujours à la vengeance et l’insécurité que les extrémistes albanais entretiennent autour des enclaves serbes empêche leurs habitants déplacés en Serbie ou au Nord de la province de revenir dans leurs foyers. A ce sujet, le 25 Août dernier, devant l’assemblée générale de l’ONU, au cours des débats consacrés au rapport du secrétaire générale Ban Ki-moon’s sur le Kosovo, Ivica Dacic, le ministre serbe des affaires étrangères n’a pas manqué, chiffres à l’appui, de remettre les pendules à l’heure en rappelant que l’épuration ethnique imputée aux serbes avait en fin de compte profité aux albanais puisque ceux-ci étaient rentrés chez eux plus nombreux qu’à leur départ, tandis que les serbes chassés de leurs foyers n’étaient toujours pas réapparu au Kosovo. De 140043 en 1981 le nombre d’albanais habitant Pristina la capitale du Kosovo était passé à celui de 194953 en 2011, alors que celui des serbes pour la même période passait de 43000 à 430, soit cent fois moins. A Urosevac ou à Pec pour ne citer à titre d’exemples que deux des plus importantes villes de la province le phénomène d’épuration ethnique connaîtra la même ampleur, faisant respectivement passer la population serbe de 18285 à 32, et de 17791 (serbes et monténégrins) à 332. Des chiffres qui se passent de commentaires, mais dont le rappel ne devrait pas ébranler la conscience des principaux membres de l’UE dont la politique dans les Balkans demeure toujours influencée par la doctrine de la Pax Americana que les USA y ont imposée. L’état d’esprit qui règne parmi les albanais et qui prévaut encore vingt ans après la guerre, est bien toujours celui de la haine anti serbe comme plusieurs incidents l’ont démontré ces dernières semaines. Ainsi hier dans la nuit de jeudi, le monument érigé à la mémoire des 14 villageois serbes massacrés le 23 juillet 1999 par des membres de l’UCK dans leur champ près du village de Staro Gracko, ainsi qu’à celle des victimes des bombardements de l’OTAN la même année a été vandalisée. Autre exemple, dimanche 28 août, 150 serbes qui souhaitaient se rendre en pèlerinage dans le village de Musutiste sur les ruines de leur église consacré à la Vierge de Hodegetria construite en 1315, puis détruite en 1999 par l’UCK,,en ont été empêché par la population albanaise qui les accueillait à coups de pierres. Là encore, c’est l’extrémisme d’une partie de l’élite politique albanaise qui par nervis interposés aura eu gain de cause, signifiant aux serbes que leur retour dans leur village n’était pas souhaité.

Source : B92.