Dressé contre les sirènes de l’union à droite, Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République (DLR), qui a ouvert samedi son université d’été à Dourdan (Essonne), rêve d’un "boulevard politique".
Le ralliement du leader souverainiste Philippe de Villiers, son principal concurrent, dans le giron de l’UMP a redonné des ailes à ce défenseur acharné du "gaullisme", qui se décrit comme "le dernier résistant" face à l’Elysée. Le président du Mouvement pour la France (MPF) s’est "carbonisé en partant à la soupe. C’est un traditionnaliste qui ringardisait nos thèses. Désormais, il y a un boulevard politique", affirme-t-il à l’AFP.
Aux quelque 300 militants attendus jusqu’à dimanche dans un verdoyant complexe hôtelier, le député de l’Essonne, qui a coupé les ponts avec l’UMP en 2007, compte rappeler son "pari fou face au rouleau compresseur de Nicolas Sarkozy". "A l’UMP, on a le choix entre devenir des moutons de Panurge ou des gigots", renchérit l’un des participants, qui a depuis longtemps rendu sa carte. "Sarkozy et moi, on n’est pas de la même planète. C’est le prototype du conservateur qui ne pense qu’au fric", confie en souriant le député, dont les allures de garçon sage, visage poupin et fines lunettes, tranche avec le discours engagé. "Fana de la participation et de l’école publique", il rappelle avoir été le seul député de droite à voter contre la privatisation de la Poste, EDF ou des autoroutes. "C’est un gars courageux, il ne se vendra jamais pour un secrétariat d’Etat aux Choux farcis", glisse sa collaboratrice Sophie Lecourt. Les arguments de DLR font mouche chez les sympathisants, anciens UMP, pasquaïens ou chevènementistes, rejoints désormais par des déçus du MPF. "Villiers nous a complètement découragés. Je me suis aperçue que DLR incarnait la vraie résistance", témoigne à l’AFP Rachel Roussel, qui assure avoir entraîné dans son sillage les militants MPF du Var, dont elle tenait la fédération.
L’enjeu n’est pas mince pour DLR, ancien club de réflexion au sein de l’UMP qui s’est émancipé en parti il y a peu et revendique 11.000 adhérents et 500 élus, très implantés localement, à l’image de leur chef, le maire le mieux réélu de France avec 79,7% dans son fief de Yerres. Son baptême du feu électoral, aux Européennes de juin, s’est soldé par un score moins flatteur, un peu moins de 2% des suffrages, tandis que la liste du MPF, allié aux chasseurs, en récoltait 4,8%.
Avec un budget de 400.000 euros et pas le moindre permanent, le parti ne peut compter que sur le bénévolat de ses militants, "de vrais dingues, des enragés", selon Dupont-Aignan, qui prévoit de "foncer sur les cantonales" de 2011, au risque de faire l’impasse sur les régionales l’an prochain.
Son objectif est d’obtenir cette fois les 500 signatures d’élus, synonyme de passeport pour la présidentielle. En 2007, il ne lui en avait manqué que cinquante-deux.
Source : AFP