LES FM nouvelle figure de proue de la vie politique.
Conscients que des décennies de relations bilatérales restées inchangées entre leurs deux pays pouvaient être remises en cause par la nouvelle donne que représentait désormais la récente victoire des islamistes égyptiens, les autorités américaines ont envoyé leur secrétaire d’état adjoint américain Williams Burns sonder les Frères Musulmans quant à leurs intentions à ce sujet. En plaidant en faveur d’un rééquilibrage des relations entre leurs deux pays, le chef du parti Liberté et Justice, Mohammed Mursi, auquel s’adressait l’émissaire américain, a en partie répondu aux interrogations étasuniennes en faisant remarquer que la page de l’ère Moubarak était belle et bien tournée. S’il n’était nullement question selon lui de remettre en cause le traité de paix signé en 1979 entre l’Egypte et l’état d’Israël, le leader des FM a en revanche insisté sur la nécessité pour les américains d’adopter « des positions positives vis-à-vis des causes arabes et musulmanes » autrement dit de réviser leur politique faite de bienveillance à l’égard de l’état hébreux. Envoyé en éclaireur auprès des FM, l’ancien Président des Etats-Unis Jimmy Carter, à l’origine des accords de paix de Camp David, s’était déjà entendu dire la même chose par le parti des FM, et n’avait pas hésité à reconnaître publiquement que son pays n’avait pas honoré l’engagement pris à Camp David de faire respecter par Israël les droits des palestiniens, mais qu’au contraire leur violation se faisait régulièrement avec l’accord tacite des USA. Pour faire plaisir à leur hôte, le parti Liberté et Justice s’est verballement engagé à respecter les droits des femmes, et ceux des chrétiens.
Un pélerinage tradionnel juif interdit.
Quant aux juifs d’Israël qui depuis 1979 étaient jusqu’à l’année dernière encore autorisés à venir en pèlerinage se recueillir sous haute protection sur la tombe du rabbin d’origine marocaine Abu Massira décédé à la fin du siècle dernier dans la ville de Damatiuh située au Nord du delta du Nil, les autorités du Conseil Suprême des Forces Armées leur ont interdit d’accéder au site en raison des émeutes que leur présence risquait de provoquer parmi la population locale. 31 partis politiques et mouvements locaux s’étaient mobilisés pour que ce pèlerinage ressenti comme « un acte de violation de la souveraineté égyptienne » ne puisse avoir lieu. Les partis islamistes du cru ayant pignon sur rue n’avaient pas hésité non plus depuis plusieurs jours à donner de la voix, sachant qu’il n’en fallait pas beaucoup plus pour chauffer à blanc l’israélo phobie à fleur de peau de leurs partisans. Ce pèlerinage inauguré par Moubarak au lendemain du traité de paix israélo égyptien était déjà très controversé. Deux verdicts juridiques prononcés par la cour d’Alexandrie en 2001 et 2004 en avaient interdit les festivités qui chaque année dans la localité donnaient lieu au grand dam de la population à d’impressionnants déploiement des forces de l’ordre pour assurer la protection des centaines de juifs accourus sur ces lieux. La tombe en question ne pouvait être à aucun titre reconnue comme faisant partie du patrimoine archéologique de l’Egypte et seules les fêtes officielles concernant les trois religions étaient tolérées avaient déclaré les autorités judiciaires. L’épouse du Président Moubarak en son temps avait pour sa part largement contribué à la mise en valeur de la tombe du saint homme en débloquant des sommes importantes qui d’après de mauvaises langues avaient donné lieu à des détournements de fonds. Le ministre de la culture lui même, Farouk Housmi, à la demande des israéliens avait en 2001 tenté d’inscrire la tombe au patrimoine de l’UNESCO. Le centre juif Simon Wiesenthal de Los Angeles a cru bon pour sa part d’affirmer que cette décision visant à limiter la liberté religieuse des juifs en Egypte avait été prise sous la pression des Frères Musulmans.
Sources : Egypt Daily News.