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ÉLYSÉE 2012.

FN : TÊTE HAUTE ET QPC…

lundi 6 février 2012, par Pierre Picace


La question des parrainages qui agite la classe politique et la presse depuis quinze jours s’est emballée dimanche avec la publication par le JDD d’un sondage qui indiquerait qu’au cas ou Mme Le Pen n’obtiendrait pas ses parrainages [1] , Nicolas Sarkozy et François Hollande se retrouveraient au coude à coude au premier tour de la présidentielle.

Il n’en fallait pas plus pour que le Front national en difficulté dans sa quête des promesses des maires ne dénonce un sale coup de l’UMP. Jean-Marie Le Pen dans ce même JDD prédit « La fin de M. Sarkozy. » si sa fille ne pouvait pas se présenter. Une menace déjà brandie la semaine dernière par Marine Le Pen.

Autre conséquence de ce sondage, la gauche s’inquiète elle aussi de la remontée de Nicolas Sarkozy face à François Hollande. Dans le Nouvel Observateur, Laurent Joffrin qui s’interroge non sans arrière pensées sur « faut-il faire de Marine Le Pen une martyre ? », invite l’UMP et le PS a « déclarer solennellement qu’ils encourageront leurs élus à rétablir la norme républicaine en apportant leur signature à la candidate du FN » [2].
Une mobilisation en faveur de la « démocratie » à laquelle son père, pourtant lui aussi crédité de 10 à 15% en son temps, n’avait jamais eu droit...

Marine à la peine…

Que Mme Le Pen soit à la peine pour trouver ses parrainages, rien d’étonnant. Avec seulement 117 élus et aucune implantation locale le Front national ne peut compter que sur la force de persuasion de ses « démarcheurs » ou de la « bonne volonté » du PS et de l’UMP. On comprend bien que Mme Le Pen vive mal avec cette épée de Damoclès au dessus de sa tête. Ceci dit, depuis l’échec de 1981 [3] , Jean-Marie Le Pen a toujours obtenu ses précieux sésames.

Pour Sarkozy et Hollande, tout est bénéfice dans la situation actuelle de Mme Le Pen. Contrairement à la présidente du FN, ils veulent la campagne la plus courte possible. L’incertitude dans laquelle se trouve Mme Le Pen d’obtenir ses parrainages, l’oblige à mobiliser toutes les énergies à la récoltes des promesses et sans elles, pas d’emprunt auprès des banques ( En 2002, 2007, le FN pouvait obtenir un prêt avec le Paquebot en garantie mais comme il ne semble pas que Jean-marie Le Pen ait le désir de « gager » Montretout pour la campagne de sa fille, malgré que ce fût le sens de l’héritage d’Hubert Lambert en sa faveur…), ce qui bien sûr oblige Marine le Pen à faire campagne à l’économie ( Dans la conjoncture actuelle, c’est bien de montrer l’exemple !).

Malgré toutes ces difficultés, la candidate frontiste a remporté une demie victoire, le Conseil d’État lui a donné raison et a transmis sa QPC (question prioritaire de constitutionnalité sur la « publicité » des parrainages) au Conseil constitutionnel qui a affirmé vouloir rendre sa décision vers 22 février prochain.

Ensuite, si le Conseil constitutionnel lui donne à son tour raison, il lui faudra encore aller faire signer les maires pour pouvoir rendre son « dossier » dans les temps, sinon, elle ne pourra compter que sur le bon vouloir de ses deux principaux adversaires. La campagne sera courte mais le temps va lui paraître bien long…


[1Il y a encore quelques semaines, la presse nous expliquait que la stratégie de Sarkozy consistait à se retrouver face à la fille de Jean-Marie le Pen pour rééditer le duel Chirac/Le Pen de 2002.

[2Laurent Joffrin, en 1997 déclarait dans le Monde : « Je ne suis pas d’accord avec ceux qui disent qu’il s’agit d’un parti légal… » la même année dans son journal, il regrettait que l’interdiction du FN se heurte à des obstacles pratiques. Source : Emmanuel Ratier, Encyclopédie Politique Française.Tome II. Faits et documents.

[3Mauvaise mémoire ou superstitieux ? Car contrairement à ce qu’affirme Jean-Marie Le Pen dans le JDD : « En 1981, j’ai été piégé par la défection de dernière minute d’une centaine de parrains RPR. C’était une manœuvre de Chirac pour faire élire Mitterrand… Cela ne va pas recommencer ! », ce n’est pas le RPR ( du moins pas directement) qui l’empêcha de participer à l’élection cette année là, mais la division de la droite nationale. La direction du PFN en désaccord avec Le Pen décida de présenter un candidat sous ses couleurs. Résultat, ni le candidat du PFN, Pascal Gauchon, ni Jean-Marie Le Pen ne purent se présenter. Maigre consolation pour Le Pen c’est lui qui décrocha le plus de signatures. L’Histoire va-t-elle bégayer…

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