www.national-hebdo.net

Accueil > Etranger > KOSOVO : LES OUBLIÉS DE L’HISTOIRE

KOSOVO : LES OUBLIÉS DE L’HISTOIRE

mercredi 17 juin 2009, par Michel Dantan

(1) Photo : Le quartier Rom de la Mahala « Fabrika » à Mitrovica sud entièrement détruit (PhotoDR).

Les 16 et 17 juin 1999, en l’espace de deux jours, les terroristes de l’UCK font disparaître trois siècles d’histoire des Roms du Kosovo de Mitrovica en chassant les cinq mille habitants de la mahala installés sur les berges de la rivière Ibar. Le nettoyage ethnique depuis l’entrée des troupes de l’OTAN au Kosovo fait rage et les scènes d’horreur se succèdent pendant quarante huit heures sans discontinuer dans le quartier Rom (1) sans que la KFOR présente à Mitrovica n’intervienne. Gusani Skender, responsable des Roms réfugiés à Leposavic en zone serbe au Nord du Kosovo a vécu ce drame et tente depuis plusieurs années de soulever la Chappe de plomb qui recouvre le drame des Roms du kosovo. En septembre 99 nous l’avions rencontré avec des membres d’associations serbes qui sur place à leurs risques et périls ravitaillaient les premières enclaves serbes, puis il s’était à plusieurs reprises confiés à la presse essayant en vain d’attirer l’attention des médias sur la situation des Roms du Kosovo. Voici le témoignage recueilli auprès de lui par le Président de l’Union des Roms de l’Ex-Yougoslavie en Diaspora, M. Neddzemedin Neziri.
« Quand les militaires serbes sont partis, le 17 juin 1999, les Albanais sont entrés, c’était une foule énorme, ils cassaient, volaient, ils frappaient tous ceux qu’ils voyaient sur leur passage. Mitrovica était sous commandement français, mais ils ne les ont pas protégés. Ils n’ont même pas installé de sécurité pour protéger le quartier de Fabricka Mahala qui comptait plus de 5000 habitants. Une dame a été violée par les Albanais devant sa maison, en présence de soldats français qui ne les ont pas arrêtés. Chacun s’est sauvé par ses propres moyens de l’autre côté de la rivière Ibar. Lui, il est resté jusqu’au 20 juin. Je voulais leur expliquer que les Roms ne sont pas des criminels et qu’ils puissent rester encore trois jours, mais des soldats de l’UCK en uniforme sont entrés chez lui et il lui ont donné 5 minutes pour quitter sa maison (il cite les noms des témoins qui étaient avec lui). Un imam rom a été brûlé vivant dans sa maison, c’est Azem AZIZ, il avait 79 ans. Ses trois nièces ont pris la fuite, de peur d’être violée, et il a été battu et brûlé vivant dans sa maison. Si vous ne me croyez pas, c’est écrit dans les archives françaises ».

Communiqué de M.Nedzmedin Neziri Président de l’URYD-FRANCE
 

COMMEMORATION
KOMEMORACIJA
1999-2009

  Dix ans déjà !

N’oubliez pas le nettoyage ethnique et l’exode des Roms du Kosovo !

Pour les Roms du Kosovo, les journées des 16 et 17 juin constituent un bien triste anniversaire. C’est en effet à cette date, les 16 et 17 juin 1999, que les nationalistes kosovars ont commencé à attaquer systématiquement les foyers occupés par les Roms et d’autres communautés, forçant plusieurs dizaines de milliers de Roms à l’exode. Plusieurs centaines (?) Roms ont été assassinés après avoir subi les pires sévices, des femmes ont été violés, souvent sous les yeux de leurs maris et de leurs enfants. Des centaines de personnes ont été portées disparues.

Dix ans plus tard, les droits des Roms sont toujours bafoués au Kosovo. Les quelques milliers de Roms restant, sur une communauté qui comptait plus de 100 000 personnes, vivent dans la peur et la précarité. Leur survie dépend largement de l’aide humanitaire et des transferts de la part des membres de leur famille à l’étranger. Exclus du marché du travail, ils sont également absents dans les institutions publiques à l’exception du parlement où un seul représentant local fait figure d’alibi. La constitution ne leur garantit aucun droit propre et les droits des minorités ne sont pas appliqués aux Roms.

Après le nettoyage ethnique et l’exode, la communauté rom du Kosovo est aujourd’hui menacée d’assimilation voire même d’extinction ce qui n’empêche pas les pays qui ont accueillis les réfugiés à réfléchir à leur rapatriement forcé.

Nous demandons aujourd’hui la reconnaissance du nettoyage ethnique des Roms du Kosovo. Les auteurs de ces actes doivent être traduits en justice et les victimes compensées.

Nous demandons également une solution urgente du problème des réfugiés qui doivent avoir le choix de retourner au Kosovo ou de rester dans leur pays d’accueil.

Nous demandons finalement que les droits des Roms soient garantis au Kosovo pour qu’ils soient des citoyens libres et égaux et que le racisme et la discrimination soient bannis.


Commémoration- exposition
Nous vous invitons le 19 juin (vendredi) 2009, 7 rue Jacquard à Besançon

Associatons :

Ibar/URYD
U.F.A.T
C.C.P.C.O
Rromano Radio Mahala
Ibar 34
Rromano Phral

Messages

  • Je viens de consulter cet article, dont tous les éléments concordent avec l’information recueillie auprès des Roms que je côtoie (alphabétisation, aide aux démarches de régularisation) et que j’ai aussi déjà trouvée sur d’autres sites, à savoir la situation particulièrement dramatique des Roms du Kosovo.

    Amenée à côtoyer des familles roms du Kosovo, et particulièrement concernée par le sujet de leur situation actuelle -pour développer des arguments en faveur de cette famille, expulsable à tout moment- je suis preneur de toute information actualisée sur la situation des Roms dans la ville d’Urosevac, d’où est originaire cette famille, en exil depuis maintenant 10 ans.

    De quelle organisation puis-je me rapprocher pour une actualisation de l’information (j’ai déjà consulté celle qui est diffusée par les ONG) centrée sur la région d’Urosevac ?

    Daniela

  • Cet article corrobore parfaitement ce que nous savons des familles de Roms du Kosovo que nous suivons en tant que permanents de la Cimade et confirme leur récit. Malheureusement, depuis 2009_2010, aucune des familles Roms du Kosovo que nous connaissons n’a obtenu son statut de réfugié même aprés recours. Ils ont reçu des mesures d’éloignement de la part de la préfecture qui ont été confirmés par le Tribunal Administratif. Nous avons deux exemples de familles entières qui ont été emmenés par les gendarmes pour expulsion en Serbie (souvent double nationalité ou laissez-passez serbes, car les Roms du Kosovo que nous connaissons avaient trouvé refuge en Serbie pendant plusieurs années). La vie des Roms en Serbie est également très précaire et les enfants n’ont pas accès à l’école, en particulier s’ils viennent du Kosovo. Ils sont mal vus, considérés plus moins comme des traitres, victimes d’insultes et d’agressions de la part de groupes nationalistes serbes, et les autorités ne les protègent pas.
    S"ils reviennent au Kosovo, c’est pire encore !

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.