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KOSOVO : UNE PETITION CONTRE L’APARTHEID

jeudi 20 juin 2019, par Michel Dantan

KOSOVO : UNE PETITION CONTRE L’APARTHEID

Deux décennies après les accords de Kumanovo qui signés le 9 juin 1999 en Macédoine mettaient fin aux 72 jours de bombardements infligés par l’OTAN à la Serbie pour que cessent ses opérations de nettoyage ethnique soit disant commis à l’encontre des albanais, le Kosovo présente aujourd’hui toutes les caractéristiques d’un état failli, moralement disqualifié par la situation d’Apartheid que ses dirigeants continuent d’imposer aux chrétiens orthodoxes confinés dans des enclaves. L’avènement au Kosovo d’une société multiethnique pour laquelle cette intervention qualifiée d’humanitaire devait servir de fonds baptismaux n’a en effet jamais vu le jour. Aujourd’hui, les principaux dirigeants de l’état kosovar dont l’indépendance n’aura été au bout du compte que l’acte final d’une authentique opération de piraterie internationale orchestrée par la Maison Blanche avec la complicité des principales chancelleries de l’Europe, poursuivent sans état d’âme à coup de provocations leur politique de discrimination à l’égard des populations chrétiennes et celles appartenant aux autres minorités, notamment rom. Dans ce contexte d’instabilité chronique et d’insécurité permanente qui règnent au Kosovo rendu des plus volatiles en raison de la politique d’obstruction mené par les maîtres de Pristina pour réduire à néants les efforts de l’UE pour sortir la question du Kosovo de l’impasse, plusieurs personnalités ont choisi de lancer une pétition pour attirer l’attention des groupes politiques de l’hexagone sur la nécessité qu’il y a à prendre enfin la mesure exacte de cette situation. Les responsables de cette initiative veulent aussi mettre à profit la prochaine visite du Président Macron à Belgrade en juillet prochain pour que la question du Kosovo soit évoquée aussi sous cet angle à moins de considérer que l’Apartheid a sa place en Europe.

TEXTE DE LA PETITION

COLLECTIF POUR LA PAIX AU KOSOVO
Paris 9 mars 2019

Le Kosovo représente le coeur de la civilisation serbe, car c’est dans cette région que se sont développés les fondements de l’Etat serbe. C’est au Kosovo que furent érigés, aux XIII° et XIV° siècles, ces joyaux de culture et de spiritualité orthodoxe que sont les monastères, gardiens précieux des écritures, de l’art médiéval et de la mémoire historique du peuple serbe. Deux de ces monastères sont classés au Patrimoine mondial de l’humanité et inscrits par l’UNESCO sur la liste des monuments en danger.

La Résolution 1244 des Nations Unies adoptée par le Conseil de Sûreté le 10 juin 1999 réaffirme l’engagement de tous les États membres de l’ONU pour :

  • la souveraineté et l’intégrité territoriale de la République Fédérale de Yougoslavie et des autres État de la région,
  • une autonomie essentielle et une auto-administration significative pour le Kosovo,
  • le droit au retour pour tous les réfugiés et déplacés.

Malgré la présence d’une armée internationale d’interposition (KFOR), les forces terroristes de l’ UCK sont parvenues à expulser du Kosovo presque toutes les minorités non Albanaises, c’est à dire près de 20% des habitants actuels : cela concerne 240.000 individus, de nationalité serbe, monténégrine, turque, rom, hébraïque, égyptienne, gorani , croate et même albanaise. Plus de 150 églises et monastères orthodoxes ont été détruits, une perte patrimoniale non seulement pour la culture serbe mais pour toute la chrétienté. La majorité des 135 000 Serbes et 15 000 Roms vivent au Kosovo dans de véritables ghettos, au coeur de l’Europe, subissant un véritable apartheid culturel imposé par les autorités auto-proclamées de Priština .
Depuis la déclaration d’indépendance unilatérale du 17 février 2008, la province du Kosovo n’est reconnue que par 105 pays sur 193, ce qui ne permet pas d’atteindre les 2/3 des voix à l’Assemblé générale de l’ONU. Plus de la moitié de la population mondiale rejette l’existence de cet Etat, car les grandes nations émergentes le refusent (Chine, Russie, Inde), ainsi que les principales nations musulmanes (Indonésie, Pakistan, Iran, Algérie, Maroc…).

Au sein même de l’Union européenne la question divise car l’Espagne, Chypre, la Slovaquie, la Roumanie et la Grèce ne reconnaissent pas cette indépendance. La reconnaissance de l’indépendance du Kosovo par la France, souligne les incohérences de la diplomatie française qui a défendu, à juste titre, le principe de souveraineté territoriale en Espagne ou en Ukraine, mais pas en Serbie.

Au regard de la situation extrêmement précaire au Kosovo, où les minorités ethniques et religieuses sont victimes de persécutions quotidiennes et sur le territoire duquel les réseaux mafieux et terroristes règnent en maîtres, cette décision politique du gouvernement français nous interpelle.

A ce jour, les autorités auto-proclamées de Priština ne sont parvenues à entrer dans aucune instance internationale d’envergure. Des organisations notables comme l’UNESCO ou Interpol ont refusé sa candidature, craignant l’entrée d’un Etat-failli qui ne contrôle plus son territoire.

La crainte d’un effet domino, de la sécession en temps de paix d’une parcelle d’un territoire national, fait maintenant se retenir beaucoup de pays (cas de la Crimée, de la Catalogne, du Tibet).
Ces raisons expliquent en partie le retour sur une reconnaissance du Kosovo pourtant entamée. Depuis 2018, plus de 10 pays ont décidé de revenir sur leurs choix d’avoir reconnu l’indépendance du Kosovo : c’est une première dans l’histoire des relations internationales . Les principaux arguments de ces différents pays sont le refus catégorique de la part de Priština de s’impliquer dans le processus de normalisation avec Belgrade, le manque de gouvernance, la trop grande complicité de Priština envers les réseaux de grand banditisme ainsi que l’insécurité générale dans laquelle vivent les minorités au Kosovo.

Face à l’urgence de la situation sécuritaire dans le Sud-est de l’Europe, les signataires suivants demandent la création d’un groupe parlementaire pour discuter du statut du Kosovo, suivit de l’ouverture d’un débat à l’Assemblée nationale.
Selon les règles et traditions qui régissent notre démocratie, les signataires demandent à ce que chaque groupe parlementaire s’exprime sur la reconnaissance française du Kosovo et s’engager dans des discussions avec des experts reconnus, des membres de la société civile ainsi que le Comité pour la Paix au Kosovo présentant cette pétition.


Voir en ligne : Signez cette pétition