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L’ÉMERGENCE D’UN COURANT DE RESISTANCE A L’ISLAMISATION

mardi 16 juin 2009, par Vu sur le net

Le politologue Jean-yves Camus analyse la progression de l« extrême droite » aux élections européennes. Il constate qu’ à côté des partis « traditionnels » un nouveau courant émerge. Un courant qui combat le multiculturalisme et l’islamisation de l’Europe.

L’extrême droite se fera entendre au Parlement européen

Bien que profitant de la crise économique et de l’abstention, l’extrême droite reste profondément divisée.

La presse nationaliste française a exulté à l’annonce des résultats, l’hebdomadaire Rivarol annonçant même que « l’Europe de la génération Le Pen entre en force à Strasbourg ». Nombre de commentateurs ont surenchéri en annonçant une sorte de « vague brune » sur l’Europe. La réalité est plus mitigée : les droites nationalistes, populistes et anti-européennes, parfois teintées de xénophobie, connaissent selon les pays, des fortunes diverses. Et même si elles possèdent un potentiel d’environ 80 députés, soit davantage que les écologistes ou la gauche radicale, leurs divisions idéologiques sont si profondes que l’étiquette d’extrême droite n’a que peu de pertinence pour les analyser.

Premier constat : l’extrême droite néofasciste reste une aberration marginale

En Italie, les deux élus sortants qui appartiennent à cette tendance sont éliminés par le nouveau seuil de représentation à 4% mis en place par le gouvernement Berlusconi. Au total, les partis qui s’en réclament n’obtiennent que 0,79% (Fiamma Tricolore) et 0,47% (Fuerza Nuova).

En Europe occidentale, leur déroute est totale : 0,4% des voix pour la Deutsche Volksunion ( DVU) et 0,06% pour les espagnols du Mouvement social républicain. Explication de cette situation, selon le mouvement identitaire belge Nation :

« La désaffection du public pour la chose politique et une sorte d’abattement, lui fait tolérer tout et n’importe quoi de la part des partis traditionnels. De plus, il y a très peu de conscience politique au sein de la population de telle manière qu’elle n’a que peu d’intérêt pour les nouvelles ou petites listes. »

Comme toute règle suppose une exception, celle-ci est venue de Grande-Bretagne, où le British National Party (BNP), ouvertement racialiste, fortement teinté d’antisémitisme et de négationnisme, tire parti de l’effondrement travailliste en milieu populaire, en obtenant deux sièges d’euro-députés avec 8,38% des suffrages.

Seconde grande tendance : l’extrême droite est loin de progresser uniformément

Les partis nationalistes, populistes et xénophobes jouant le jeu démocratique et électoral, souvent assez semblables au FN français au plan des idées, sont loin de progresser uniformément. Outre la contre-performance du Front national, qui passe de 7 à 3 élus, il faut noter la disparition totale de son homologue belge lors des élections régionales également tenues le 7 Juin, ainsi que le reflux du Vlaams Belang (de 3 à 2 eurodéputés avec 15,88% en Flandre), victime de la vampirisation des thèmes indépendantistes flamands par deux partis de droite, la Lijst Dedecker et la Nieuwe Vlaams Alliantie.

En Autriche par contre, le décès de Jörg Haider n’a en rien entamé le potentiel électoral de l’extrême droite puisque le FPÖ, avec 12,78%, passe de 1 à 2 élus et que son concurrent le BZÖ, obtient 4,59%. Dans l’optique des futures élections législatives de 2010, il faut également noter qu’avec 3,27%, les Sverigedemokraterna (suédois) se rapprochent du seuil de 4% exigé pour entrer au Parlement.

Si l’extrême droite triomphe, c’est en Europe de l’Est, sur fonds de désaffection générale des citoyens vis-à-vis de la classe politique, générant une abstention telle qu’elle mine la crédibilité de ces élections : la participation n’est que de 19,64% en Slovaquie ; de 20% en Lituanie ; de 25,5% en Pologne et de 27,4% en Roumanie.

Dans ce contexte, renforcé par l’impact de la crise économique sur des pays subissant désormais le contrecoup des secousses de l’économie de marché, les nationalistes de Jobbik ont remporté en Hongrie le score inattendu de 14,77% qui fait d’eux le troisième parti du pays et porte à Strasbourg trois de leurs dirigeants dont la « pasionaria » Krisztina Morvai.

Les Bulgares de Ataka, avec 11,96%, auront 2 sièges et les Roumains de Romania Mare ( 8,65%) en auront trois. Enfin le Parti National Slovaque ( SNS) avec 8,98%, obtient un élu. Se confirme toutefois la marginalisation de l’extrême-droite polonaise, Samobroona et la Ligue des Familles sortant laminées (à peine 1,5% chacune) du fait des 30% obtenus par le parti ultra-conservateur des frères Kaczynski.

Si l’on prend aussi en compte les 7,15% du parti grec LAOS et ses deux élus (+1), la famille des partis extrémistes se référant aux modèles nationalistes des années 1930, sera en mesure de faire entendre au Parlement européen une voix plus forte. Une voix qui prend essentiellement pour cible les minorités religieuses et ethniques, en particulier les Roms, qui n’hésite pas à réclamer la réhabilitation, sous prétexte d’anti-communisme, des dictateurs de la période 1930-1945 (Mgr Tiso, le régent Horthy ou le Maréchal Antonescu) et qui n’a toujours pas rompu avec l’antisémitisme.

L’émergence d’un combat contre les migrants musulmans, le multiculturalisme et l’islam

Le principal enseignement du scrutin reste toutefois la progression très sensible d’une nouvelle famille de partis souverainistes, nationalistes et xénophobes, qui possèdent la particularité de focaliser leurs attaques sur les migrants musulmans (et pas les islamistes ! ), le multiculturalisme et l’islam (pas l’islamisme ! ), tout en affichant souvent, pour des raisons d’opportunité ou de convictions, des idées pro-israéliennes, souvent sous couvert de la promotion des « valeurs judéo-chrétiennes ».

S’agissant du triomphe obtenu par le Néerlandais Geert Wilders (17% et 4 élus), de celui enregistré en Italie par la Lega Nord qui passe de 4,96% en 2004 à 10,22% en 2009, doublant presque sa représentation, ou encore au progrès du Parti du peuple danois (de 6,8 à 14,8%), la référence disqualifiante au fascisme n’est ni pertinente ni efficace. Il s’agit, comme l’UDC suisse et le Parti du Progrès norvégien, de droites radicalisées qui s’inscrivent dans le cadre démocratique et profitent de la défiance envers les idéologies libérale et sociale-démocrate.

Ainsi s’expliquent les scores jamais atteints du parti britannique UKIP (16,09%) et des Vrais Finnois qui, en Finlande, passent de 4,8% à 9,8%, leur dirigeant Timo Soini arrivant très largement en tête en nombre de voix de préférence personnelle.

Dans la mesure où ces exemples démontrent l’irruption, dans le champ des droites conservatrices, d’une nouvelle ligne de partage autour des questions du fédéralisme européen, du modèle de société multiculturelle et de l’attitude à adopter envers l’islam, les idées xénophobes et « identitaires » ayant désormais fait leur chemin en leur sein, c’est la définition même de ce qu’est « l’extrême droite » et sa pertinence scientifique qui se trouvent mises en cause et sont à redéfinir.

Jean-Yves Camus

Villes contre l’islamisation

Lionel Baland

Observatoire de l’islamisation

Villes contre l’islamisation Europe

Pro Köln


Voir en ligne : Discours de Geert Wilders à Los Angeles avril 2009

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