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L’EUROPE : GRAND CORPS MALADE…D’INDIFFÉRENCE

mardi 2 juin 2009, par Reuters

Le Parlement européen qui sortira des urnes devrait présenter des équilibres similaires à ceux qui ont marqué la législature finissante, même si les partis extrémistes et eurosceptiques devraient progresser.

Comme en 2004, la campagne - largement dominée par les enjeux nationaux - ne semble pas être parvenue à mobiliser l’électorat avant le 7 juin à un moment où, paradoxalement, le Parlement européen n’a jamais eu autant de pouvoirs.

Sauf surprise, les deux principaux groupes parlementaires, le Parti populaire européen (PPE) et le Parti socialiste européen (PSE), devraient donc, une fois de plus, faire la loi à Strasbourg et se répartir les principaux postes de l’hémicycle.

Les derniers sondages nationaux en date laissent entrevoir une victoire du PPE au niveau continental et une légère progression des socialistes, sous l’effet notamment d’un vote sanction à l’encontre d’un certain nombre de gouvernements de droite, au nombre de 21 sur 27 parmi les Etats membres, dans un contexte de crise économique et financière.

Selon une étude du mois d’avril réalisée par la London School of Economics, la représentation du PPE devrait ainsi s’établir autour des 250 sièges (contre 288 actuellement) et celle du PSE autour de 205 à 210 sièges (contre 217).

Libéraux et verts devraient quant à eux se maintenir respectivement autour de 90 à 100 et 40 eurodéputés, ce qui équivaut à une progression compte tenu d’un Parlement rétréci de 785 à 736 membres.

INTÉRÊT EN BAISSE

Mais les principaux bénéficiaires de cette vague de défiance risquent bien d’être les partis eurosceptiques et d’extrême droite, qui espèrent capitaliser à la fois sur le faible taux de participation au scrutin et sur le mécontentement lié à la situation économique et à l’augmentation du chômage.

Les partis Libertas (en Irlande et dans plusieurs autres pays européens), British National Party (Grande-Bretagne), FPÖ (Autriche), Parti pour la liberté (Pays-Bas), Jobbik (Hongrie) ou encore le Front national (France) devraient ainsi - si on leur associe le parti conservateur britannique qui a annoncé sa scission du PPE après les élections - totaliser de 80 à 90 sièges dans le prochain Parlement.

L’extrême gauche devrait quant à elle progresser légèrement en se maintenant autour de ses 40 sièges actuels.

En termes de participation, ce scrutin devrait confirmer une tendance continue à la hausse de l’abstention et devenir celui ayant attiré le moins d’électeurs depuis la première élection des eurodéputés au suffrage universel en 1979.

Selon un récent sondage commandé par le Parlement européen, seuls 49% des 375 millions d’Européens appelés aux urnes du 4 au 7 juin se disent certains d’aller voter.

Reflet des ces chiffres, la campagne électorale européenne n’a jamais vraiment démarré ni semblé en mesure de convaincre les citoyens de l’Union européenne des enjeux européens de cette élection, largement passés sous silence.

POUVOIRS EN HAUSSE

En Grande-Bretagne, l’affaire des notes de frais des députés britanniques a largement dominé l’actualité et le gouvernement de Gordon Brown se dirige vers un important revers.

En Allemagne, la perspective des législatives de septembre et le sauvetage d’Opel - dont les aspects de politique interne ont largement effacé la dimension européenne - ont relégué au second plan tout autre sujet.

En Espagne, la gestion de la grippe A, la situation politique au Pays basque et la guerre de tranchées entre Parti populaire et Parti socialiste autour de mini-scandales politiques n’a guerre laissé de place au débat européen.

En Italie, ce sont la composition des listes du parti de Silvio Berlusconi et l’affaire Noemi Letizia qui ont accaparé la Une des journaux transalpins.

Quant à la France, les efforts des socialistes et des Verts pour polariser le débat contre José Manuel Barroso et l’Europe libérale ont été vains et la campagne, atone, s’est largement jouée sur les mêmes lignes que la présidentielle de 2007.

Dans ces pays, comme dans le reste de l’Europe, la question de la coordination des politiques économiques, des frontières du bloc communautaire ou de la stratégie européenne en matière de changement climatique n’ont donc pas retenu l’attention.

Ce phénomène est paradoxal car, au terme de la présente législature, le Parlement européen n’a jamais eu un rôle aussi central dans l’élaboration législative en Europe, imposant sa marque, par ricochet, sur deux tiers des lois nationales.

La ratification du traité de Lisbonne par l’Irlande, espérée à l’automne, ne ferait que renforcer ce rôle.

Julien Toyer, édité par Yves Clarisse

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