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CATALOGNE : EN MARCHE VERS L’INCONNU

mercredi 4 octobre 2017, par Michel Dantan

Au terme d’une parodie d’élections organisées dans des conditions où l’opacité l’aura disputé aux irrégularités, et qui s’est déroulée dans une ambiance où les incidents entre forces de l’ordre et électeurs ont rythmé le cours de cette journée du 1er octobre, le referendum d’autodétermination organisé par les indépendantistes catalans s’est conclu par la victoire du oui à 90%. Un chiffre à relativiser puisque 53% des électeurs inscrits ne se sont pas présentés aux urnes, ceux-ci jugeant que cette consultation était illégale et n’offrait aucune une garantie quand à la validité des résultats. Sur fond de déchainement de haine orchestrée par les médias et les réseaux sociaux qui n’ont eu de cesse depuis deux jours de mettre en scène le comportement de la Police nationale et des membres de la Garde Civile qui pour faire respecter l’état de droit n’ont eu dimanche dernier d’autre solution que de faire usage de la force, les organisations d’extrême gauche font monter la tension à Barcelone, organisent des rassemblements au cours desquels les défenseurs de l’Etat sont conspués et conviés à quitter la Catalogne. Sous la pression de la foule et menacés de rétorsions administratives, plusieurs hôteliers qui hébergeaient les forces de l’ordre envoyées par Madrid ont demandé à celles ci de quitter les lieux, tandis que dans certaines écoles des enfants dont le comportement se serait révélé non conforme à l’état d’esprit ambiant se sont vu admonester par leurs professeurs. L’hostilité des indépendantistes à l’égard de l’Espagne est encore montée d’un cran hier mardi lors de rassemblements de répudiation à la cubaine organisés devant le siège du parti populaire. Quant aux partisans de l’unité ceux ci interdits d’expression rasent les murs. La grève générale décrétée par les indépendantistes a été l’occasion au cours d’une nouvelle manifestation monstre de faire passer hier encore à coups de slogans haineux les interventions des forces de l’ordre pour l’expression d’un régime répressif digne d’une dictature. Cette stratégie de diabolisation de Madrid ne vise en réalité qu’à donner l’impression qu’un point de non retour a été atteint rendant inéluctable et légitime le divorce avec l’Espagne, une séparation que le président de la Généralitat s’apprêterait à entériner à la fin de cette semaine ou en début de la semaine prochaine, en déclarant unilatéralement la Catalogne indépendante.

Le roi sort de sa réserve
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Dans une déclaration solennelle hier soir le Roi d’Espagne depuis le palais de la Zarzuela dans des termes qui se sont révélés à la hauteur de la situation dramatique que vit son pays, s’est adressé à son peuple pour accuser les autorités catalanes d’avoir voulu « briser l’unité de l’Espagne et la souveraineté nationale ». Le Roi leur a en outre gravement reproché d’avoir agi en dehors du droit et de la démocratie et d’avoir sous-estimé les preuves et les sentiments de solidarité qui unissaient l’ensemble des espagnols, de s’être conduit en irresponsables susceptibles de mettre en danger la stabilité économique et sociale de la Catalogne ainsi que de toute l’Espagne. S’adressant aux catalans, le Roi a rappeler qu’ils vivaient depuis des décennies dans un Etat démocratique qui offrait les voix constitutionnelles permettant à chacun de défendre ses idées dans le respect de la loi. Le Roi a par ailleurs laissé clairement entendre qu’il n’abandonnerait pas tous ceux qu’inquiétait la conduite des autorités autonomes et qu’ils pouvaient compter sur l’appui et la solidarité des espagnols ainsi que sur les garanties que l’Etat de droit leur offrait en faveur de la défense de leur liberté et de leurs droits. Le Roi s’est montré confiant dans l’avenir assuré que la raison finirait par l’emporter dans ces moments dramatiques que vit l’Espagne. L’allocution du Roi n’a comme il fallait s’y attendre recueilli que les critiques et les moqueries des indépendantistes, mais en revanche redonner espoir aux unionistes, ce qui était aussi le but de cette intervention.