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LA FEMME VUE PAR UNE GRANDE SŒUR DES FRERES MUSULMANS

jeudi 19 janvier 2012, par Michel Dantan

. Une représentante du parti de la Liberté et de la Justice des Frères Musulmans s’est confiée le 14 janvier à un journal londonien Asharq Al-Awsaat pour dire tout le mal qu’elle pensait des quelques 10000 femmes qui le 20 décembre dernier étaient descendues dans les rues du Caire crier leur colère contre les brutalités dont l’une des leurs avait été victime au cours d’une manifestation réprimée par les militaires prés de la place Tahir. Filmée par un internaute la scène passée en boucle sur la toile avait déclenchée de telles réactions d’indignation que le Conseil Suprême des forces Armées lui-même avait du dans un communiqué faire des excuses publiques. La scène en question montrait en effet comment une manifestante jetée à terre était piétinée et tabassée, avant de se retrouver à moitié dévêtue entraînée par la soldatesque vers une destination inconnue. Or allant sans hésiter à contre courant du vaste mouvement de solidarité qui s’était exprimée en faveur de la victime, la dénommée Manal Abul Hassan a cru bon au contraire devoir condamner l’action de ces femmes en affirmant d’abord qu’elles avaient été payées par l’étranger pour aller manifester et que dans ces conditions les femmes de son parti n’avaient pas à s’associer à leur mouvement, puis d’expliquer que « lorsque une femme descend dans la rue pour défendre ses droits, c’est contre sa propre dignité qu’elles agit ». « N’a t-elle pas un mari, un frère ou un fils pour la défendre » demande Manal Abul Hassan pour qui la défense des droits féminins est avant tout une affaire d’hommes. « Elle ne devrait pas se défendre elle-même. L’homme doit se tenir derrière la femme, car par ses propres moyens elle ne peut pas accéder à ses droits » conclut-elle. Autrement dit, aux yeux de cette secrétaire du parti des FM, la femme, tout juste douée de raison, demeurerait condamnée à vivre sous tutelle de l’homme. Azza Kamel, une activiste membre d’une association de défense des droits des femmes, lui a tout de même fait remarqué que si son parti tenait aujourd’hui le haut du pavé c’était aussi en grande partie grâce aux milliers de femmes , dont de nombreuses martyres, qui en descendant dans la rue pendant la révolution avaient contribué à la chute du dictateur Moubarak. Son parti dans un bref communiqué a préféré parler de manipulation destinée selon lui à jeter le trouble dans l’opinion publique.

Source : almasryalyoum.com

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