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LA PHALANGE ESPAGNOLE DEFENDRA SON PASSE DANS LA RUE

samedi 17 avril 2010, par Michel Dantan

Soixante dix ans plus tard, la gauche espagnole qui n’a toujours pas digéré la défaite de son camp pendant la Guerre Civile, se mobilise derrière le juge Baltazar Garzon menacé de suspension pour avoir voulu enquêter sur les victimes du franquisme. Une loi d’amnistie générale votée par le Parlement espagnol en 1977, deux ans après la mort du général Franco, au nom de la réconciliation nationale, empêchait jusqu’à présent les magistrats d’instruire sur des faits s’étant produits pendant cette période afin de ne pas remettre sur le gril des passions encore mal cicatrisées. Fort de l’aura que lui avaient valu auprès de la gauche espagnole et au plan international ses enquêtes sur l’ETA, Al-Qaïda, le Général Pinochet, ainsi que sa demande d’exclusion de Silvio Berlusconi du Conseil de l’Europe et la fermeture de la base militaire de Guantanamo, le juge avait essayé en 2008 de passer outre mais se heurtant à l’opposition du parquet avait renoncé. Revenant à la charge le juge Garzon a décidé samedi dernier de faire appel de la décision du tribunal Suprême. Déjà placé sur la sellette pour une affaire de malversations et de corruption présumées, le juge doit faire face à présent à une plainte déposée par deux formations nationalistes dont la Phalange espagnole qui l’accusent d’avoir user de ses pouvoirs de magistrat pour enfreindre la loi de 1977 en montant un « artifice juridique » pour enquêter sur les disparitions de républicains au cours de la guerre civile et sous le régime franquiste. Tandis que les principaux syndicats espagnols crient à la persécution du juge, que des artistes emmenés par le cinéaste Pedro Almodovar font circuler une pétition en sa faveur et que le 15 avril s’est déroulée une manifestation de soutien devant le Tribunal suprême où le juge comparaissait, au cri de « Garzon, notre Ami, le peuple est avec toi » , la Phalange espagnole mobilise ses troupes, et se prépare aussi à descendre dans la rue le 24 avril. Dans un communiqué diffusé auprès des médias, le mouvement nationaliste qui se réclame de l’idéologie de José Antonio Primavera son fondateur a déclaré que « devant les incessantes attaques de juges de pacotilles qui veulent réécrire l’Histoire en manipulant des évènements qui conduisirent à la Guerre Civile, les phalangistes entendent défendre l’honneur et la noblesse morale de ceux qui appartinrent à cette Phalange et qui furent les victimes de la répression politique et des assassinats de cette Deuxième République » . La Phalange récuse les amalgames qui permettent à ses détracteurs de mêler ses anciens dirigeants à la répression franquiste, rappelant qu’elle fût dissoute en 1937, par un décret du Général Franco désireux d’unifier toutes les forces nationales sous sa responsabilité, ce qui lui permit de neutraliser les phalangistes restés fidèles à la l’idéologie du fondateur de leur mouvement.

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