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Fasciste et fascisant, comme c’est fascinant…

LE PEN, MUSSOLINI, DÉAT, DORIOT, MITTERRAND…

samedi 27 mars 2010, par Axel Richter

Un petit quart d’heure, qui a dû sembler bien long aux conseillers régionaux PS et Verts de PACA, C’est à peu près le temps qu’a duré la présidence du doyen, Jean-Marie Le Pen.
Les 95 conseillers régionaux présents sur 123 élus que compte le conseil régional ont eu droit en prime à une petite leçon d’Histoire de la part du patron du FN.
Tout en reconnaissant une « campagne correcte » dans son ensemble, le « président d’un jour » a toutefois tenu à remettre certaines pendules à l’heure : « A l’exception d’un candidat socialiste qui s’est dérobé au débat, refusant de parler à des fascistes et fascisants. Le FN n’est ni fasciste, ni fascisant, M.Mariani non plus » a fait remarquer Jean-Marie Le Pen et de continuer : « Qu’il me soit permis de lui rappeler que le fondateur du fascisme fut un député socialiste italien, Benito Mussolini, que les deux principaux chefs de la collaboration avec l’Allemagne nazie furent Marcel Déat, ancien secrétaire du parti socialiste SFIO, et Jacques Doriot, ancien secrétaire du parti communiste. Et que ce n’est pas Jean-Marie Le Pen qui a été décoré à Vichy de la Francisque, mais le président de la république François Mitterrand, dont Michel Vauzelle a été ministre, et qui plus est ministre de la Justice ».
Les élus Verts et PS ont profité de cette mise au point pour brandir des pancartes « liberté », « égalité », « fraternité » en signe de protestations, avant que la séance ne soit suspendue.

Messages

  • Intéressante analyse des parachutages du FN (écrite avant le 2nd tour) :

    Le parti de Jean-Marie Le Pen a démontré qu’un marketing centralisé et reconcentré sur une marque familiale en coeur de cible peut donner des résultats et permettre l’élection de plus de 100 conseillers régionaux. Belle leçon de mercatique appliquée infligée par Marine Le Pen à ses détracteurs. Les adeptes du dévouement désintéressé et du militantisme de terrain en prennent pour leur grade. Du coup, le Carré de Nanterre profite à plein de cette élection pour réduire sa masse salariale.

    Quelques exemples.

    Pour ne mécontenter personne (et encore moins la fédération française de parachutisme), la liste suivante a été classée par ordre patronymique alphabêtique.

    Louis Aliot est enfin élu pour de bon en Languedoc-Roussillon (en l’occurence conseiller régional). Secrétaire général du parti de Jean-Marie Le Pen en remplacement de Carl Lang, conseiller régional sortant de la région Midi-Pyrénées et tête de liste départementale dans les Pyrénées-Orientales pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon, il tente de s’implanter à Perpignan. La région est en effet peut-être plus « porteuse » (héritage de feu Pierre Sergent oblige) que le Midi rouge et la ville rose (Toulouse). Suivant en cela l’exemple de Marine Le Pen, Louis Aliot avait réussi son implantation aux municipales de 2008 avant de ne pas être réélu aux nouvelles municipales de 2009 et d’échouer à occuper le siège de Jean-Claude Martinez aux européennes de 2009 dans le grand Sud-ouest. Sa tête de liste aux régionales 2010 lui rapporte un mandat de conseiller régional de Languedoc-Roussillon. Fini le statut de SMF (sans mandat fixe) !

    Nicolas Bay, conseiller municipal de Sartrouville dans les Yvelines et secrétaire général du MNR avant d’en être viré par un retour surprise de Bruno Mégret, a réussi à trouver un poste de conseiller régional de Haute-Normandie du parti de Jean-Marie Le Pen. A la conquête de l’Ouest pour ce jeune homme aux dents longues ?

    Bruno Bilde sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais puisqu’en cinquième position dans le département du Nord. Le directeur de cabinet de Marine le Pen, conseiller régional sortant de Lorraine, quitte la Meuse pour Hénin-Beaumont. De « En passant par la Lorraine » à « au Nord, c’étaient les Corons ». Coïncidences, un Gérald Bilde se trouve être à la seconde place sur la liste de la Meuse tandis qu’une Dominique Bilde-Pierron est à la seconde place sur la liste de Meurthe-et-Moselle.

    Jean-Michel Dubois, conseiller régional d’Ile-de-France pour le Val-d’Oise depuis 1986, sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional de Haute-Normandie. L’orateur émérite (fine allusion à son léger trouble de l’expression orale) et organisateur des BBR et des UDT (quand il y en avait) retrouvera une place digne de son rang de Jean-Claude Dassier (ex-organisateur des opérations spéciales de la chaîne de télévision TF1 avant de devenir patron de LCI et du club de football de Marseille) du parti de Jean-Marie Le Pen. Go West (autre fine allusion aux opinions que certain(e)s qualifieront d’atlantistes de Jean-Michel Dubois) ?

    Huguette Fatna, conseillère régionale d’Ile-de-France sortante et égérie des départements d’outre-mer au sein du parti de Jean-Marie Le Pen, sera bientôt une nouvelle conseillère régionale d’Alsace grâce à sa place de numéro deux pour le Bas-Rhin. Strasbourg pourra s’enorgueillir de sa nouvelle réprésentante. « Au bal, au bal masqué, oh hé, oh hé ! »

    Gérald Gérin sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur pour le département des Bouches-du-Rhône. L’attaché parlementaire (comme il est décrit sur la liste) partagera son temps entre son travail de majordome de Jean-Marie Le Pen dans les Hauts-de-Seine et les commissions et séances pleinières du conseil régional à Marseille. Enfin, peut-être. « Tête haute et mains propres ». En PACA, le slogan n’aura jamais été plus vrai. Surtout dans sa deuxième partie.

    Jean-François Jalkh, conseiller régional d’Ile-de-France pour la Seine-et-Marne depuis 1992, sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional de Lorraine pour le département des Vosges. Jean-François Jalkh est l’Alain Marleix (le spécialiste de la carte électorale) du parti de Jean-Marie Le Pen. Il faut espérer que ses talents lui auront assuré son élection.

    Marine Le Pen est une nouvelle conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais. Passée du Nord-Pas-de-Calais en Ile-de-France (peut-être pour cause d’ambition nationale ?) puis revenue dans le Nord-Pas-de-Calais aux législatives de 2007, aux municipales de 2008, aux européennes de 2009 et maintenant aux régionales de 2010, son absence a confirmé le naufrage annoncé du parti de Jean-Marie Le Pen en Ile-de-France.

    Sandrine Leroy, assistante de direction (comme elle est décrite sur la liste) qui serait employée comme secrétaire au siège du parti de Jean-Marie Le Pen, sera peut-être bientôt une nouvelle conseillère régionale de Picardie grâce à sa place de numéro deux sur la liste de Michel Guiniot. Travailler plus pour gagner plus ?

    Martine Metzger-Binder, conseillère régionale d’alsace sortante et numéro deux sur la liste du Haut-Rhin, sera peut-être bientôt toujours conseillère régionale d’Alsace. Rappelez-moi le nom du tête de liste dans le Haut-Rhin (qui est aussi le tête de liste régional d’ailleurs) ? Décidément, le Haut-Rhin au sein du parti de Jean-Marie Le Pen, ça reste une affaire de famille.

    Marie-Estelle Préjean, conseillère régionale d’Ile-de-France pour la Seine-Saint-Denis depuis 1998, sera peut-être bientôt une nouvelle conseillère régionale de Haute-Normandie. Une idée : Pourquoi pas du co-voiturage depuis l’Ile-de-France avec Nicolas Bay et Jean-Michel Dubois ?

    Julien Sanchez, l’étoile montante de la communication interne du parti de Jean-Marie Le Pen, sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional du Languedoc-Roussillon grâce à sa place de numéro deux dans l’Hérault sur la liste de France Jamet. L’autoroute est maintenant directe entre Nanterre et Montpellier depuis la mise en service du viaduc de Millau, non ?

    Jean-Richard Sulzer sera peut-être bientôt un nouveau conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais puisqu’en septième position dans le département du Nord. Le secrétaire général de l’ex-groupe du parti de Jean-Marie Le Pen au Conseil régional d’Ile-de-France et professeur de gestion à l’Université Paris-Dauphine est la seule « prise de guerre » de Marine Le Pen dans les milieux de la droite centriste. Sa religion n’a pourtant pas permis à Marine Le Pen d’obtenir un visa auprès des autorités israéliennes comme avait pu l’obtenir Gianfranco Fini afin de réaliser sa téchouva et d’espérer devenir le dauphin de Silvio Berlusconi.

    Ayons une petite pensée pour Jacques Colombier qui siégeait au Conseil régional d’Aquitaine depuis 1986. Peut-être un des derniers « insiders » partisans de Bruno Gollnisch encore en place ?

    Ayons une autre petite pensée pour Marie-Christine Arnautu en Seine-et-Marne, Farid Smahi dans l’Essone et Marion Maréchal (la petite fille - du parti ? - de Jean-Marie Le Pen et fille de Samuel Maréchal) dans les Yvelines, qui, malgré leurs bons et loyaux services, n’ont pas été récompensés à leur juste valeur (soit un mandat de conseiller régional).

    Voilà. C’en est terminé de ce petit tour de France (non-exhaustif et sans prétention) des élu(e)s du parti de (Jean-)Mari(n)e Le Pen.

    Les partisans de l’implantation locale apprécieront.

    P.S. : Afin d’éviter les accusations des tenants de l’orthodoxie mariniste familiale du « ma petite entreprise, connaît pas la crise » (comme Raoul ou d’autres à qui je demanderais par avance de bien vouloir m’excuser de ne pas les avoir cités) d’avoir démobilisé l’électorat national(iste), je n’ai demandé la publication de cet article qu’après le second tour des élections régionales.

    P.S. 2 : Les prochaines élections régionales, peut-être appelées territoriales d’ici là comme en Corse, sont fixées en 2014 et seront de nature très différentes. La fusion du mandat de conseiller régional et de conseiller général et le mode de scrutin (s’il est validé) uninominal à un tour pour 80 % des sièges élimineront tout candidat qui ne sera pas arrivé en tête au seul tour de l’élection (comme pour les élections législatives en Grande-Bretagne). Le parti de (à ce moment-là) Marine Le Pen ne pourra plus avoir d’élu qu’aux municipales et aux européennes (si le mode de scrutin n’a pas aussi été changé d’ici là) à l’exception de candidats localement enracinés susceptibles de distancer à la fois l’UMP et ses alliés et la coalition rose-verte-rouge de la gauche. Pour l’instant, seuls Jacques Bompard à Orange et Steeve Briois à Hénin-Beaumont ont (presque) réussi ce tour de force.

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