C’est bien d’une opération de nettoyage ethnique que huit familles coptes ont été victimes le mois dernier de la part de musulmans qui rendus furieux en apprenant qu’un chrétien et une musulmane entretenaient des liens amoureux dans leur village s’en sont pris à leurs habitations et leurs magasins. Pour apaiser la colère des musulmans, les notables du village de Nahada prés d’Alexandrie où se sont déroulées ces violences, ont alors demandé au cours d’une séance dite de réconciliation aux huit familles coptes de quitter leur village après avoir vendu leurs biens. L’expulsion s’est déroulée à la fin du mois de janvier sans que les autorités du pays n’interviennent, entérinant du coup ce que de nombreuses associations laïques et de défense des droits de l’Homme en Egypte n’ont pas hésité à assimiler à une véritable opération de nettoyage ethnique. Les autorités policières et judiciaires auront donc préféré afin d’apaiser les tensions intercommunautaires provoquées par les musulmans à la suite d’un simple conflit privé, plutôt que d’appliquer les règles de n’importe quel état de droit, s’en remettre à des arrangements où les menaces, la peur et le chantage n’auront pas laisser d’autre choix aux coptes que de céder à la violence. Le caractère discriminatoire de ces séances de réconciliation fait depuis longtemps l’objet de nombreuses critiques de la part des chrétiens victimes d’abus de toutes sortes à la suite de décisions qui évitent aux criminels d’être condamnés par la justice. Mais cette fois ci, de l’avis de nombreux observateurs, des limites ont été franchies et beaucoup craignent que cette tragédie vécue par ces familles chrétiennes, puisse servir de précédent et ouvrir la porte à d’autres scénarios qui à partir de n’importe quel prétexte permettrait aux musulmans de s’emparer des biens coptes avant de chasser leurs propriétaires de chez eux. Toutes les dérives sont en effet possible en Egypte dans l’état actuel d’anarchie où se trouve le pays.
Egypt Daily News.