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LES FRANÇAIS DANS LES BRAS DE L’OTAN ?

jeudi 12 mars 2009, par Michel Dantan

Les Français seraient paraît-il selon un sondage favorables à l’entrée de la France dans l’OTAN. Faut-il y voir un réel mouvement d’adhésion ou au contraire un effet délétère de la crise ? Avant d’avoir débuté le débat semble définitivement clos et ce n’est pas le fait d’engager la responsabilité du gouvernement après « le mauvais » coup, qui changera les choses.

Un sondage effectué par LH2 pour le compte du site Internet du Nouvel Observateur nous apprend que 52% des français seraient favorables à l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. Faut-il en conclure que les Français sont sur la même longueur d’onde que le Président de la République puisque le locataire de l’Elysée envisage d’officialiser solennellement le retour de la France dans l’OTAN à l’occasion de son 60e anniversaire le 4 avril prochain. Ce n’est pas certain. Nicolas Sarkozy, dont la cote de popularité ne cesse de s’enfoncer dans les sondages ne saurait y trouver matière à redorer son blason, tout au plus un bon prétexte pour justifier l’absence de tout débat sur la question. Cette nouvelle empathie hexagonale pour l’OTAN ne signifie donc pas forcément que nos compatriotes soient en convergence de vue avec le Président. Et pour une raison simple à laquelle l’état d’affaiblissement moral dans lequel semble s’enfoncer notre pays ne serait pas totalement étranger. Dans cette période de troubles et d’incertitudes dues à la crise, l’OTAN, symbole de puissance et synonyme d’ordre pourrait bien pour des français qui ne savent plus à quel Saint se vouer pour s’en sortir, leur faire l’effet d’une sorte de planche de salut à laquelle se raccrocher, à fortiori dans un pays qu’ils voient de plus en plus partir à vau-l’eau. Aussi, la part d’inconscience serait-elle plus grande que celle de la réflexion dans cette adhésion de nos compatriotes à l’OTAN que cela ne surprendrait pas. Le résultat de ce sondage est d’ailleurs d’autant plus surprenant, qu’il y a huit mois, dans un sondage du CSA pour le compte du Parisien Libéré du 22 Août 2008, 55% des français se déclaraient favorables au retrait de l’armée française d’Afghanistan. Certes, c’était au lendemain de la mort de 10 soldats français tués par des insurgés, dans un contexte par conséquent chargé d’émotion, mais un autre sondage daté du mois de mars précédant traduisait aussi le même rejet. Mais il y a un an, le spectre de la crise n’avait pas encore produit tous ses effets. Les Français ne sont pourtant pas sans ignorer que la guerre menée en Afghanistan soi disant contre le terrorisme, c’est d’abord celle de l’OTAN décidée par les Etats-Unis au lendemain des attentats du 11 septembre, et qu’entrer de plein pied dans cette organisation devenue le bras armée de sa politique étrangère, conduira inévitablement la France à s’impliquer d’avantage dans le bourbier afghan ? C’est probable, mais pour l’heure nos compatriotes sont sans doute plus préoccupés de savoir ce qu’ils trouveront demain dans leurs assiettes que par les excentricités diplomatiques de leur Président, quitte à ne pas trop chercher à comprendre si en prenant le risque de brader notre indépendance nationale c’est aussi l’avenir économique de notre pays qui risque d’être compromis. La rapidité avec laquelle le Département d’état américain s’est félicité de l’intervention de Nicolas Sarkozy le 11 mars devant un parterre de gradés lors d’une conférence organisée à l’école militaire par la Fondation pour la recherche Stratégique (FRS), au cour de laquelle le Président à réitérer son intention de faire entrer la France dans l’OTAN, en dit long sur les véritables intentions de l’Amérique. Si les français étaient aussi mieux informés du forcing diplomatique que les américains déploient actuellement auprès de leurs alliés pour leur expliquer ce qu’ils comptent faire en Afghanistan, c’est à dire leur faire épouser leur point de vue et partant leur faire partager les mêmes responsabilités, les français se montreraient sans doute plus réticents à laisser leur pays s’arrimer ainsi aveuglément au char de l’Amérique. Mais pour cela, il faudrait que les médias suppléent au vide démocratique qui caractérise nos institutions en organisant le débat que méritent les français.

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