La présence d’hommes déguisés en femmes affublés de la burqa à l’occasion du traditionnel carnaval de Vevcani qui a lieu tous les 13 et 14 janvier en Macédoine, ont déclenché la colère des musulmans de la région qui s’est traduite au cours de plusieurs journées d’émeute par l’incendie d’une église dans le village de Labustina, et celui vendredi dernier de nombreux bus dans la ville de Struga transformée depuis quelques jours en épicentre de la contestation. Aux cris de « A bas les infidèles », « Mort aux infidèles », « A bas Vevcani » et « Dieu est avec nous », les manifestants rassemblés vendredi dernier devant la mairie de la ville de Struga ont fait résonner des slogans de haine anti chrétienne et donné libre cours à leur xénophobie anti slave en remplaçant le drapeau macédonien accroché sur la façade par une banderole illustrée par des inscriptions islamiques. Plusieurs déprédations ont touchées des bâtiments religieux orthodoxes et un autocar avec ses passagers a été lapidé sans faire de blessés dans le village de Velesta. La municipalité de Vevcani et les organisateurs du carnaval se sont défendus d’avoir voulu offenser les musulmans et se sont également étonnés de voir que ces manifestations survenaient quinze jours après la tenue du festival. Le conseil municipal de Vevcani a tenu à rappeler que ce festival dont la notoriété est devenue internationale, remonte à la nuit des temps et compte déjà quatorze siècles d’histoire derrière lui, qu’il représente en outre un épisode festif de la vie sociale et collective au cours duquel comme le permet la tradition la satire ne connaît pas de limites pourvu qu’elle s’accomplisse selon certaines règles de la bienséance. Visiblement les musulmans ne sont pas de cet avis comme l’ont prouvé leurs violentes réactions, des réactions qu’expliqueraient peut-être aussi l’influence grandissante du wahhabisme dans cette région voisine du Kosovo.