Le dissident cubain Wilman Villar, membre de l’Union Patriotique de Cuba, condamné à purger une peine d’emprisonnement de 4 ans pour avoir participer à une manifestation pacifiste le 14 novembre dernier dans la ville de Contramaestre, est décédé des suites d’une grève de la faim entamée il y a 50 jours pour protester contre la « farce judiciaire » dont il se disait victime. Soumis à des conditions de détentions infra humaines, l’opposant avait contracté une pneumonie dont l’évolution à la suite d’une dégradation générale de son état de santé avait nécessité dés le 15 janvier son transfert d’urgence à l’hôpital de Santiago de Cuba. Quatre jours après, le 19 janvier, les médecins ayant constaté une septicémie consécutive à sa pneumonie ont déclaré n’avoir rien pu faire pour maintenir le dissident en vie. Pour l’opposition au régime communiste qui s’est exprimée par la voix d’Elizardo Sanchez dirigeant de la commission cubaine des droits de l’homme, une organisation illégale mais tolérée, il va de soi que la disparition du dissident a été voulue et qu’il s’agit là par conséquent d’un « assassinat politique ». Il est certain que l’opposition cubaine reste toujours muselée à Cuba, et le restera tant que les communistes seront au pouvoir. L’élargissement de 75 dissidents l’année dernière obtenue grâce à l’intervention de l’église auprès de Raoul Castro et aux pressions exercées par la communauté internationale sur le régime après avoir fait illusion quelques jours n’a depuis été suivie d’aucune mesure concrètes qui aurait pu laisser entrevoir un début d’assouplissement du régime envers l’opposition. Au contraire, après s’être à bon marché débarrassé d’opposants encombrants puisqu’en échange de leur libérations ceux-ci avaient du s’engager à prendre le chemin de l’exile ou renoncer à toute forme de contestation, les autorités cubaines ont de suite laissé l’appareil répressive s’emballer à nouveau. Le nombre d’arrestations d’opposants en 2011 à Cuba a atteint le chiffre de 4123 soit le double de celui de l’année précédente, la police politique réalisant l’exploit pour le seul mois de décembre 2011 d’inscrire 796 cas à son tableau de chasse, un record encore jamais atteint. Pour l’instant, la disparition de Wilman Villar, décédé à l’âge de 31 ans pour le seul crime d’avoir revendiquer son droit à la liberté d’expression, n’a provoqué que les réactions indignées du président américain Obama, du gouvernement espagnol et d’Amnistie Internationale.