La patronne d’Areva, (on pourrait dire matronne pour féminiser la chose) Anne Lauvergeon, qui vient de se signaler par des déclarations affligeantes sur "le mâle blanc" est dans le collimateur du futur patron d’EDF, Henri Proglio, qui souhaite réorganiser la filière nucléaire française. "Mon ambition est d’avoir une filière nucléaire française qui fonctionne", a expliqué aux Echos Henri Proglio. "Cela implique qu’on repense toute la filière, en particulier les rôles d’Areva et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique)". Pour lui, la fusion de Framatome et Cogema menée par Anne Lauvergeon pour créer Areva en 2001 était "probablement une erreur". Henri Proglio estime que la France est mal représentée à l’international. Les déboires des réacteurs nouvelle génération EPR en Finlande et en France viennent étayer ce constat critique vis-à-vis d’Anne Lauvergeon.
Un constat critique que TVO, commanditaire du réacteur nucléaire EPR d’Olkiluoto en Finlande avait déjà mis en avant en rejetant les responsabilités des retards (3 ans) et des surcoûts sur Areva et sa patronne. "Ils ont vendu l’EPR et c’est seulement ensuite qu’ils ont commencé à faire des plans d’ingénierie précis", avait affirmé Timo Rajala, vice-président du conseil de surveillance de TVO. Il s’était également plaint de l’arrogance du groupe français et de sa présidente : "Nous n’avons pas des relations commerciales normales" avec Areva. "Dans ma carrière, je n’ai jamais eu ce genre de problèmes. La capacité d’écoute d’Anne Lauvergeon n’est pas aussi bonne que sa capacité à parler".