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REGAIN DE TENSION ENTRE BELGRADE ET PRISTINA

jeudi 19 janvier 2017, par Michel Dantan

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Le train qui devait rallier Mitrovica le 14 janvier après avoir quitter Belgrade n’aura jamais atteint sa destination.Les autorités serbes sur ordre du premier Ministre Alexandar Vucic l’ont fait stopper au niveau de la limite administrative entre la Serbie et sa province du Sud du Kosovo pour éviter que les forces spéciales albanaises déployées dans la zone ne s’en chargent en faisant usage de la force comme le craignait le ministre. Le pire aura donc été évité de justesse grâce au sang froid des autorités de Belgrade qui par la voix de leur Président Tomislav Nicolic ont néanmoins fait savoir que si d’aventure les serbes étaient menacés, ils ne laisseraient pas se reproduire les pogromes de 2004 sans réagir. Pour bien se faire comprendre, le Président serbe Tomislav Nikolic s’est dit prêt s’il le fallait à envoyer son armée au Kosovo, ainsi a-t-il rappelé que le lui prescrit la Constitution, lui-même étant disposé à faire son devoir de citoyen serbe a-t-il ajouté. Des deux côtés on se renvoi la balle, de celles qui heureusement ne tuent pas encore, chaque camp criant à la provocation. Le président de l’état fantoche du Kosovo Hashim Thaci a parlé de tentative de violation de la souveraineté du Kosovo, et s’est offusqué de la façon dont les wagons du train avaient été peints aux couleurs de la Serbie avec l’inscription « le Kosovo est la Serbie ». Les serbes quant à eux n’ont pas dissimulé la colère que leur inspirait le jeu trouble auquel se serait livrer l’OTAN au cours de cet épisode de tension entre Belgrade et Pristina, voyant derrière la passivité de la KFOR une dernière tentative de déstabilisation de la province par une administration américaine encore pour quelque jours en capacité de nuire aux intérêts de la Serbie. En espérant que la donne changera avec la nouvelle administration, et que celle-ci se montrera plus compréhensive à l’égard des serbes, à l’image peut-être d’un futur Président qui il y a un an au cours d’un dîner déclarait avoir de la honte pour les pilotes qui avaient bombardé en 1999 la Serbie, un pays dont les habitants pendant la Deuxième Guerre Mondiale avaient en Bosnie sauvé 500 pilotes américains en leur évitant de tomber aux mains des allemands. De son côté, le ministre russe des affaires étrangères Serguei Lavrov dont le pays sous la présidence de Poutine n’a cessé de resserrer ses liens avec la Serbie, a souligné à propos de ces incidents que « les tensions sont le résultat de la politique de ceux qui voulaient imposer aux nations des Balkans des soi-disant valeurs européennes d’après une vision moderne et post chrétienne de leur avenir ». Une approche de la question des Balkans se situant par conséquent aux antipodes de celle suivie jusqu’à présent par Bruxelles et les USA, inspirée par une idéologie mondialiste qui voudrait forcer les Nations européennes à tourner le dos à leurs racines chrétiennes, et faire de l’Europe le laboratoire expérimentale de l’utopie multi culturaliste. Si la Serbie s’attire régulièrement les foudres de Bruxelles et si ses édiles sont restés muettes durant cette crise en ne condamnant pas l’attitude agressive de Pristina s’est bien parce que la Serbie refuse de reconnaître l’indépendance du Kosovo et se faisant continuer à jouer les empêcheurs de tourner en rond dans ce meilleur des mondes sans Nations devenu l’alpha et l’oméga de la religion politique des élites mondialisées.