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TRAFIC D’ORGANES AU KOSOVO : DE NOUVELLES PREUVES

dimanche 1er mars 2009, par Michel Dantan

La cour de justice serbe pour les crimes de guerre commis par l’UCK durant et après les bombardements de l’OTAN en 1999 contre des civiles serbes sur lesquels étaient prélevés des organes pour être ensuite revendus dans des cliniques privées en Europe dispose de nouveaux éléments qui permettraient de remonter la chaîne de commandement impliquant de hauts responsables de l’UCK. Pour l’instant, 8 membres de l’UCK, chargés d’exécuter les basses œuvres de leurs commanditaires, auraient dors et déjà été formellement identifiés. Responsables d’enlèvement puis du transfert des civiles vers l’Albanie où ceux-ci étaient parqués dans des camps d’internement avant d’être opérés puis exécutés, leurs noms n’ont pas encore été divulgués en raison de la procédure en cours. Le Procureur chargé de l’enquête, Vladimir Vukcevic, qui a permis aux médias serbes de reproduire certaines des photos prises par les terroristes eux-mêmes à Padese au mois de mai 1999, dit être en possession de nouveaux éléments tout aussi probants et qui dans les jours à venir devraient permettre l’identification d’autres criminels. Certaines des victimes dont les familiers sont toujours sans nouvelles depuis le printemps 99 seraient également en cours d’identification. Réfugiés actuellement au Monténégro et en Serbie, des témoins directs des kidnappings se sont dors et déjà manifestés auprès du procureur pour faire avancer le dossier. Les photos ont été prises dans la région de Kosare, au Nord de l’Albanie, prés d’un lieu de passage [1] entre la Serbie et l’Albanie, comme l’indiqueraient des mentions portées au marqueur bleu au verso des tirages. Deux d’entre elles montrent des miliciens de l’UCK martyrisant leurs victimes, l’un posant près d’un homme gisant à terre (2), vraisemblablement après avoir été exécuté l’autre (3) un couteau pointé sur le cou d’un homme allongé sur le sol.

Des albanais témoignent.

Pour la première fois, des témoignages d’albanais emprisonnés dans les camps de l’UCK en Albanie ont été versés au dossier. L’un de ces camps se trouvait d’après le Procureur, prés de la ville côtière de Durres, et un autre au Nord de l’Albanie, près de la ville de Kukes. Par ailleurs, le rapport des enquêteurs de l’ONU effectué en février 2004 sur les charniers localisés au Nord de l’Albanie censés contenir les restes des victimes sur lesquelles étaient prélevés des organes, après avoir été jusqu’à ces derniers temps délibérément occulté aurait refait surface, renforcé de nouvelles pièces jusqu’alors restées dans l’ombre. Ces pièces viendraient compléter celles mentionnant déjà l’existence d’instruments chirurgicaux pouvant avoir servi à des ablations d’organes. Ces instruments avaient été découverts dans la fameuse « Maison jaune », considérée à présent comme n’ayant été que l’un des endroits parmi d’autres où les médecins exerçaient leurs talents de boucher sur les prisonniers. Les associations de défense des personnes kidnappées par l’UCK prétendent de leur côté posséder sur des vidéos la preuve que des serbes faits prisonniers par l’UCK, faisaient partie des milliers de déplacés albanais qui sous le contrôle forcé des terroristes prenaient la direction de l’Albanie. Apparemment ces informations n’ont pas encore fait l’objet des vérifications nécessaires. L’existence de camps d’internement en Albanie (Tropolje, Kukes et Deva), le transfert des civiles serbes vers l’Albanie, les lieux, comme l’hôpital psychiatrique de Burrel (Bâtiment 320) ayant servi à des interventions chirurgicales sur le territoire albanais et les charniers, constituent les pièces d’un puzzle qui mettent en cause le rôle joué par l’Albanie dans cette tragédie sans nom que l’Europe n’avait certainement encore jamais vécue depuis la deuxième guerre mondiale. Jusqu’à présent, les représentants officiels de la justice albanaise ont refusé de coopérer avec leurs homologues serbes dans la recherche de la vérité, au prétexte que le TPIY n’avait pas jugé utile de rouvrir un dossier qu’elle considérait clos depuis 2004. Or depuis, la situation a considérablement évolué et des rencontres entre le représentant de l’UE chargé du dossier et le Procureur de l’Eulex sont prévues les mois prochains avec le procureur Vladimir Vukcevic. Les noms des chefs de l’UCK qui contrôlaient le front Ouest du Kosovo par où transitaient les prisonniers serbes convoyés vers l’Albanie pendant et après la guerre de 99 devraient être évoqués au cours de ces conversations. A commencer par celui de Ramush Haradinaj qui revient dans tous les témoignages versés au dossier. L’ancien premier Ministre du Kosovo, avait été blanchi une première fois des crimes qui lui étaient imputés, par le Tribunal Pénal International de la Hayes, faute de témoins. 8 d’entre eux avaient disparus dans de mystérieuses circonstances, les autres s’étaient rétractés.

(2) et (3) : Photos. Source : http://www.de-construct.net/e-zine/...

Notes

[1] Axe de pénétration stratégique en territoire serbe que l’UCK s’est efforcé de contrôler pendant la guerre pour ravitailler ses milices en difficulté au Kosovo. L’armée serbe accrochée au terrain et bombardée en permanence par l’OTAN les en a empêchée pendant toute la durée du conflit.

1 Message

  • TRAFIC D’ORGANES AU KOSOVO : DE NOUVELLES PREUVES 15 décembre 2010 01:11, par civilabel

    Cette diffusion est utile, mais l’important est de trouver les causes de ce trafic. J’en connais quatre. La première et la seconde forment un binôme indissociable : la pénurie d’organes et la misère de celles et ceux qui y remédient, en vendant des éléments de leur corps. Contre ceci, nous ne pouvons rien !
    Les deux autres dépendent soit la formulation de l’information faite par le Pays, soit de la loi qu’il a choisie. Pour ce qui est de la formulation, en connaissez-vous qui ne culpabilise pas, qui ne moralise pas la décision de l’individu ? Pourquoi ne pas préférer de l’inviter, sans faire pression sur lui, à faire son choix, à se positionner, que ce soit POUR ou que ce soit CONTRE, mais en toute liberté ?
    Quant au "consentement présumé", s’il libère le Pays de l’obligation d’enregistrer les décisions, il est, malheureusement, le lit du trafic des organes dans le monde. À ce moment-là, en effet, chaque fois qu’un Pays n’est pas sourcilleux du côté de la bioéthique, comme le Mexique où je viens de vivre une pénible expérience, l’intégrité du corps d’un individu décédé n’est pas respectée. Ce serait différent si le "consentement explicite" y était appliqué et était préconisé par le "Comité International de Bioéthique" de l’UNESCO. Mais ce n’est pas encore le cas, malgré la demande insistante du Cercle Bleu, depuis la mort du Professeur Chris Barnard.
    www.cerclebleu.org georges.cristini@cerclebleu.org

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