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TRAFIC D’ORGANES : LE RAPPORTEUR DICK MARTY DOUTE DES COMPETENCES DE LA MISSION EULEX

mercredi 2 février 2011, par Michel Dantan

Faute de moyens matériels et humains, qui plus est évoluant dans un environnement caractérisé par l’état de non droit, la mission EULEX n’est pas l’organisme judiciaire le mieux adapté pour faire aboutir l’enquête sérieuse que nécessite l’affaire du trafic d’organes au Kosovo. Dans une récente interview confiée au site internet du quotidien serbe Vesti basé à Frankfort, le rapporteur du Conseil de l’Europe Dick Marty n’a pas caché le scepticisme que lui inspirait l’éventualité de voir la mission EULEX se charger à elle seule des suites à donner à cette affaire. Même si le professionnalisme des membres du personnel d’EULEX n’est pas à mettre en cause précise le rapporteur. Ce dernier faisait remarquer que la région et encore moins le Kosovo n’étaient pas dotés de structures judiciaires suffisamment efficaces pour assurer la protection des témoins et celle de leurs familles. Un jugement amplement partagé par le député monégasque Jean Charles Gardetto qui dans un rapport (1) présenté devant l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe dés le 11 janvier 2011 proposait l’adoption d’un certain nombre de recommandations susceptibles de remédier à ces carences et de « s’attaquer sérieusement aux problèmes rencontrés par les témoins, vu les situations critiques auxquelles ils se sont confrontés et qui se sont soldés par l’assassinat de plusieurs d’entre eux ». Dans une récente interview au Courrier des Balkans, le député pointait également du doigt le manque de moyens dont la mission EULEX pâtissait à ce jour, tant en hommes qu’en matériel. De l’avis de nombreux experts et plusieurs associations de défense des Droit de l’homme comme Human Rigths Watch seule une instance juridique internationale indépendante située à l’extérieur du Kosovo pourrait mener à bien une enquête d’une telle envergure. Une nécessité que revendique de son côté le procureur pour les crimes de guerre en Serbie, Vladimir Vukcevic qui évoque aussi en faveur de cette thèse la collusion entre certains cercles politiques kosovares avec le crime organisé. La protection des témoins n’est évidemment pas une chose facile à mettre en œuvre une fois admis son caractère prioritaire. L’exfiltration des témoins et de leur famille en dehors du Kosovo, leur relocalisation, leur changement d’identité, puis leur prise en charge matériel dans un pays d’accueil pour un temps indéterminée ont un coût que peu de pays accepteront d’assumer. Or les pressions que le premier Ministre Hashim Thaci (2) par anticipation a déjà commencé à exercer sur les témoins en menaçant de révéler publiquement leurs noms, ce qui dans une province où tout le monde se connaît revient à les condamner à mort, prouve si besoin était que l’Union Européenne ne peut pas se contenter de couvrir le rapport Marty de satisfécits, mais doit impérativement passer à l’action, sachant que le temps qui passe reste le meilleur allié des présumés assassins.

http://assembly.coe.int/Mainf.asp?link=/Documents/AdoptedText/ta11/FRES1784.htm

(2) «  Ces noms sont connus et seront rendus publics rapidement » . Déclaration du premier Ministre du Kosovo dans une interview accordée à la chaîne de télévision privée Klan à propos des témoins qu’il avait auparavant qualifié de « faux patriotes ».

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