La justice vient d’infliger un camouflet au gouvernement en remettant en liberté dimanche une partie des clandestins retrouvés en Corse vendredi. A Nîmes, le juge des libertés et de la détention (JLD) a prononcé 12 remises en liberté, tandis qu’à Rennes son homologue prenait une décision identique pour 11 clandestins. Dans les deux cas, les juges ont estimé que leur privation de liberté s’était faite hors de tout cadre juridique désavouant ainsi le préfet de Corse. Le ministre de l’Immigration, Eric Besson a défendu mollement le représentant de l’Etat en Corse en s’excusant presque : "Ceux qui reprochent à l’État de ne pas avoir respecté l’ensemble des procédures administratives (...) devraient comprendre qu’il était impossible d’amener en quelques heures à la pointe sud de la Corse des dizaines d’interprètes, d’avocats, de médecins, et de trouver sur place un local de rétention administrative respectant l’ensemble des normes en vigueur." ajoutant que "Les dispositions ont été prises pour que les migrants amenés à quitter les centres de rétention soient immédiatement pris en charge par les services de l’État et qu’un hébergement leur soit proposé, en partenariat avec la Croix-Rouge". Les associations peuvent se réjouir en à peine 48 heures, elles ont obtenu que la situation des clandestins soit instruite par l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) en procédure normale, et non pas en procédure accélérée.