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Coups bas…

CUBA : UN NEOSTALINISME QUI SE PORTE BIEN

mardi 2 février 2010, par Michel Dantan

Fourvoyée dés son avènement dans une forme de « caudillisme » à la sauce marxiste, la Révolution cubaine, malgré les tares d’un système que l’on dit à bout de souffle, n’en continue pas moins d’opprimer le peuple cubain. Son appareil répressif mis en place il y a cinquante ans reste le seul garant de sa pérennité, et pour l’heure n’a rien perdu de son efficacité dénonce la dissidence intérieure cubaine dans un rapport (2) du CDHRN, paru à la fin du mois de janvier 2010

Malgré la répression qui frappe les opposants au régime castriste, la Commission des Droits de l’Homme et de la Réconciliation nationale (CDHRN) que dirige le dissident de l’intérieur cubain Elizardo Sanchez Santa Cruz, est parvenue à mettre en ligne un rapport qui dénonce les atteintes au respect des droits de l’homme à Cuba. Décliné en 23 points, le constat est sans appel. Si le pouvoir en place ne recoure plus systématiquement à des peines d’emprisonnement de longues durée pour museler l’opposition, la répression politique reste d’actualité et continue à s’exercer sous des formes de coercition tout aussi illégales et aussi violentes. Les dissidents font ainsi l’objet d’agressions physiques et verbales à répétition et sont victimes d’arrestations généralement suivies d’incarcération, certes de courte durée, mais néanmoins arbitraires. La commission a relevé 869 cas pour l’année 2009.

201 prisonniers politiques croupiraient dans les geôles castristes à la date du 6 janvier 2010 un chiffre sans doute partial en raison des difficultés de recensement en la matière, mais comparable à celui enregistré en janvier 2009. Le rapport cite le nom de trois prisonniers politiques, incarcéré depuis 2001 sans jugement. Santiago Padron, Ihosvani Suris et Maximo Pradera, trois « opposants anticastristes radicaux ».

Les prisonniers de conscience seraient au nombre de 65, d’après les critères d’Amnesty International.

Depuis 2003, aucun prisonnier politique n’a été envoyé devant un peloton d’exécution. Si plusieurs dizaines de prisonniers cubains condamnés à mort ont pu échapper à la peine capitale en 2008 grâce à des commutations de peine décrétées par Raoul Castro le 28 avril de cette même année, trois prisonniers accusés d’avoir porté atteint à la sécurité de l’état, le cubain Humberto Real et les salvadoriens Raoul Cruz Leon et Otto René Rodriguez n’ont pu bénéficié de cette mesure. La commission assure qu’au cours de ce demi-siècle, le pouvoir castriste à fait fusillé entre 3000 et 5000 personnes. Signataire de plusieurs conventions internationales sur les droits de l’Homme, Cuba n’a jamais respecté ses engagements. D’autant plus que paralysés par la crainte que ne soient mis à jour les crimes et les abus dont le pouvoir s’est rendu coupable tout au long de ce demi-siècle écoulé, les membres de la nomenclature ont intérêt à ce que le système perdure. Car comme souligne la commission, à côté des exécutions, les emprisonnements arbitraires sans justification se sont aussi chiffrés par milliers à Cuba.

L’auteur du texte qui n’attend qu’aucun miracle ne se produise cette année en faveur des droits civiques, politiques et économiques à Cuba, n’en appelle pas moins à la mise sur pied d’un processus de Réconciliation entre cubains, une sorte de "pardon national" placé sous le signe de la vérité et de la justice. En attendant, le dissident, au nom de la majorité des organisations cubaine de défense des droits de l’homme et de la démocratie demande au gouvernement cubain que soient satisfaites un certain nombre de revendications, comme la liberté inconditionnelle des prisonniers politiques, l’arrêt de toute forme de répression contre les dissidents, la ratification et le respect des principaux textes internationaux concernant les droits de l’homme, et à moyenne échéance l’organisation d’élections libres et pluralistes. Autant dire que des jours sombres attendent encore la dissidence cubaine.

(1) Dissident de l’intérieur. Social démocrate. Dirige epuis 1987 le CDHRN et a déja purgé une peine d’emprisonnement de 8 ans pour raisons politiques.

(2) Source : cubanet.org

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