Le Niet des talibans
Sollicités par le Président afghan Hamid Karzaï pour déposer les armes et renoncer à la poursuite de la guerre contre la coalition en échange d’avantages politiques et matériels les talibans au nom de l’Emirat Islamique d’Afghanistan ont répondu dans un communiqué officiel diffusé sur le site www.alemarah.info/english que le Jihad n’était pas négociable. La guerre qui ravage le pays depuis 2001 risque donc de durer encore longtemps. Les partisans de la lutte armée ont fait remarqué que les américains et les britanniques étant derrière la dernière la Conférence de Londres, il n’était pas question pour eux de sacrifier l’indépendance de leur pays au profit des intérêts colonialistes des partenaires de Karzaï, ni de passer des compromis avec qui que ce soit alors que la victoire était à leur portée. Quant à la manne de 500 millions de dollars que les donateurs devraient collecter en faveur du plan de stabilisation et de reconstruction évoqué à la Conférence de Londres, les afghans, au regard des expériences passées n’en verront pas plus la couleur aujourd’hui qu’hier écrivent-ils comme suit : « les afghans ont été témoins du fait que des dizaines de billions de dollars promis au cours des précédentes conférences en Afghanistan n’ont jamais été dépensés pour les besoins de première nécessité des afghans, mais déposés sur des comptes à l’étranger par les donateurs ou les dirigeants corrompus de l’administration Karzaï ». S’agissant de l’esprit de sacrifice qui anime leurs combattants, les talibans ont fait savoir qu’il n’avait jamais atteint un tel niveau d’exaltation.
La carotte et le bâton
Les chefs de guerre avec leurs 12000 combattants engagés pour l’instant dans la résistance resteront–ils encore longtemps insensibles aux propositions du Président karzaï et accepteront-ils d’occuper les postes de gouvernement qui leur sont dors et déjà offerts, il faudra sans doute attendre encore plusieurs mois pour savoir ce qu’il en est. Pour l’instant, le Ministre de la défense britannique, Bill Rammel s’est montré optimiste n’hésitant pas à miser sur la possibilité à terme de retourner au moins 80% des talibans ceux-ci a-t-il dit n’ayant épousé la cause du jihad que pour des raisons matérielles, tandis que 20% l’avaient fait pour des raisons idéologiques. Excès d’optimisme ou propos destinés à apaiser l’opinion de son pays, en attendant que cette hypothèse se concrétise, un contingent de 80 instructeurs français vont prochainement prendre la direction du bourbier afghan pour renforcer leurs collègues présents sur place et qui participent déjà à l’entraînement de l’armée afghane. Cela à un moment où les opérations de guérilla sont de plus en plus meurtrières et où de grandes offensives conduites par les forces de la coalition sont en cours de préparation pour porter le fer dans les zones contrôlées par les talibans. Notamment dans la province de Helmand avec l’engagement de 13000 marines et une partie des 10000 soldats britanniques déjà déployés dans cette province. L’échéancier prévu par le Président Obama pour le retrait des troupes américaines d’Afghanistan prévu à partir de 2011 semble bien être une gageure et devra évoluer sans doute encore longtemps au grès des « conditions sur le terrain » auxquelles le Président américain faisait lui-même fait allusion le 1er décembre dernier à West-Point, mais dorénavant aussi au gré des aléas inévitables que devrait entraîner la stratégie de la « carotte et du bâton » préconisé par Hamid Karzaï et ses alliés, dans un pays où il est notoire que les intérêts nationaux et ceux des clans ne font pas forcément bon ménage.